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Tome second.
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ADDITIONS. 71Ï

M. Cossali saisit cetf« occasion de m’attaquer d’une manière peu honnête, enqualifiant de grosso trrort ma méprise sur Léonard de Pise , et se servant par foisde termes qui s'gnifieroient en françois que j’avois apparemment la berlue en écrivantcette partie de l’histoire de l’algèbre. C’est en effet une grossière bévue à moique de n’avoir pas su que dans quelques bibliothèques d’Italie, existoit un ma-nuscrit de ce Léonard , propre à fixer le temps où il yivoit, et de m’être appuyépour déterminer son âge de l’autorité de deux auteurs Italiens qui l’ont fait vivrevers le temps où je l’ai placé. L’un est le P. Blancanus, dans sa Chronologies ma-thematicorum ; l’autre, le savant Bsmardino Baldi , dans sa Chronica dc'i matht-matici, etc. Ne dois-je pas mourir de honte, moi François, à 300 lieues dessources où il étoit possible de puiser, de n’en avoir pas su à cet égard plus queces deux écrivains, dont le dernier même avoit écrit une Histoire des mathéma-ticiens , en deux volumes in-folio , qui n’a jamais vu le jour.

M. Cossali convient cependant que j’ai été plus juste envers ses compatriotes,que divers auteurs François ou autres, comme d’Alembert, le savant abbéAndrez , etc. (1). En effet, qui étoit entré avant moi dans autant de détails surles découvertes en ce genre, faites par des Italiens? Avec un peu de bienveillance,je dirai même de justice envers le premier auteur d’une véritable histoire des ma-thématiques , il auroit pu sans doute excuser des méprises inévitables à celuiqui ouvre une carrière nouvelle. Mais tout cela n’a pu me faire trouver grâceauprès de l’impitoyable M. Cossali. Il me poursuit à chaque page, à chaqueligne, avec une sorte d’animosité qui ne seroit pas plus grande, quand je seroiscoupable de quelque crime de lêze-nation Italienne, ou que je l’aurois blessé per-sonnellement, mais en voilà assez sur ce sujet. Je reviens à Léonard de Pise.

Il vivoit d’après les documens fournis par le manuscrit en question au com-mencement du treizième siècle, et Son nom propre étoit Bonacci. Négociant dans leséchelles d’Afrique et du Levant, ce qui étoit alors familier aux Pisans et aux Flo-rentins et fut la source des richesses qui élevèrent si haut les Médicis, il eut lanoble ambition de s’instruire dans les sciences qui fleurissoient chez les Arabes, eten particulier dans l’algèbre, qu’à son retour il transplanta dans sa patiie. Il publiadans cette vue, en îacz, une arithmétique qu’il fit paroître de nouveau en1228 , fort augmentée. Il esta propos de remarquer ici que dans ce temps l’al-gèbre n’étoit qu’une partie de l’arithmétique C’en étoit la pariie sublime ; ce quilui fit donner le nom d’artc magna , artt maggiore.

Il paroît au surplus, par ce que M. Cossali rapporte de ce manuscrit , quéLéonard de Pise avoit pénétré beaucoup plus profondément dans les secretsde l’analyse algébrique qu’on ne le pourroit croire aujourd’hui. Il étoit par-ticulièrement versé dans l’analyse des problèmes du genre de ceux de Diophante.M. Cossali présente sur cela des détails curieux, ainsi que sur la résolution deséquations dérivées du second degré, ou de cette forme x 4 + px’ + + ?■*’+?, etc.

qui se resolvent comme celles du second degré, mais qui conduisent à un binôme

de cette forme A + 1 /C dont il faut encore extraire la racine quarrée, ou cubique, etc.pour avoir l’expression la plus simple de l’inconnue. Léonard y parvient par uneméthode différente de celle employée par les analystes modernes , et qui a mêmedes avantages sur elle. Léonard de Pise avoit aussi écrit un traité intitulé De’ nu-men quadrati , qui ne se trouve plus, mais que M. C ossali restitue d’après lesdivers fragmens qui s’en trouvent dans Lucas del Borgo. 11 ne manque pas à cesujet de me faire, ainsi qu’au citoyen Bossut un reproche de n’avoir pas su levoir dans le Cineracio , c’est-a - dire le cendrier ou le fouillis de cet algébrist*.Ajoutons ici une chose que M. Cossali, malgré ses connoissar.ces en antiquitésmathématiques , paroît avoir ignoré. C’étoit pourtant un fleuron de plus à ajoutera la couronne de Léonard de Pise ; c’est qu’il étoit auteur d’un ouvrage de géo-

(1) Origine è p r og-<ssi J'ogni sorte di Litteraeura , Crc.

X X X X 2