3*4 HISTOIRE
de certitude ; qu’au surplus , son frère n’avoit nullement ma-nifesté l’intention que l’o-n n’employât dans la solution de sesproblèmes que des principes de pure géométrie que ce n’estpas qu’il n’ait pour cela une méthode directe et purement géo-métrique qu’il donnera un jour ; que s’il l’inculpoit de n’avoirdonné ni démonstration , ni analyse de sa solution , il pourroitaussi inculper M. Neuton de n’avoir donné qu’une solutionillégitime de son problème de la courbe de la plus courte des-cente , puisqu’il pouvoit n’y avoir employé qu’un principemécanique , &c. ; que peut-être sa solution à lui-même n’estpas exacte , si elle est différente de la sienne. Je passe surdivers reproches et récriminations assez vives qu’il fait à sonfrère. Son écrit est terminé par l’annonce qu’il fait d’avoirenvoyé depuis du temps à Leibnitz sa solution en dépôt, etpar insister sur ce que son frère en fasse autant, afin que leurssolutions puissent être appréciées par lui et rendues publiques;il annonce qu’il gardera désormais le silence jusqu’à ce mo>ment. Tout cet écrit respire l’aigreur ; et à dire vrai , M. JacquesBernoulli avoit mis dans toutes observations un ton fort ma-gistral. Mais M. Bernoulli le jeune n’avoit il pas lui-même aussides torts , ne fut ce que celui de s’être joué ou d’avoir feintde se jouer du problème de son frère , en disant que troisminutes avoient suffi pour le résoudre. Je dois observer ioique Leibnitz se récusa pour juge. On voit par un petit écritqu’il envoya aux Actes de Léipsick, qu’il avoit vu avec cha-grin le différend survenu entre les deux illustres frères ; il yattestoit seulement que M. Bernoulli le jeune lui avoit envoyésa solution et son analyse , qu’il l’avoit lue et approuvée ,sans néanmoins l’avoir assez profondément examinée pour enporter un jugement.
Ou est sans doute impatient de connoître 1 issue de cettequerelle. Je ne vois pas que Bernoulli l’aîné ait envoyé à Leibnitzsa solution. Mais iL la publia dans les Actes de Léipsick, dejnin 1700, sous le titre de Jacobi Bernoulli so/uiin propriaproblematis isoperimetrici , qui fut suivie , au mois de mai1701 , d’une autre pièce intitulée : Jacobi Bernoulli analysismagni problematis isoperimetrici . On ne peut rien ajouter àla clarté et à la solidité de la méthode qu’il y employé : c’estun chef d’œuvre de sagacité et de profondeur. Il ne s’y borneiziêine pas au problème des isopérimètres ; il donne , par formede supplément, une solution du problème funiculaire conçud’une manière infiniment générale ; car il n’y est pas seulementquestion d’une corde chargée à distances égales de pends égaux,ou d'une corde de grosseur et pesanteur uniformes , mais il ysuppose ces poids croissans selon une loi quelconque exprimée