DES MATHEMATIQUES. Pap.t. V. Liv. IT. 4 9 1oculaires , si l’on n’y emploie une combinaison capable de fairearriver à l’œil les rayons de ces deux espèces avec une mêmedirection. Les couleurs qui se voyent dans les lunettes ordi-naires viennent beaucoup plus des oculaires que des objectifs.
Boscovich traite fort au long de ce premier défaut qui con-siste dans l’impossibilité de réunir par deux seules espèces deverre qu’on employé pour former ces objectifs, plus de deuxcouleurs à-Ia fois : pour ce qui appartient aux couleurs causéespar les oculaires , il en donne aussi une savante théorie.
La diminution qu’on obtient de l’erreur de réfrangibilité parl’objectif composé, et par une combinaison convenable d’ocu-laires donne des lunettes qui ont un très-grand grossissementet terminent bien l’objet, sans que l’œil y apperçoive la moindreapparence de couleurs, surtout quand le champ de la lunetten’est pas trop grand, mais on les voit sur les bords de l’imagedu soleil transmise à travers la lunette ; cependant il appellecorrection , et même destruction de l’erreur de réfrangibilité,cette grande diminution. Il en est de même par rapport à l’erreurde sphéricité , quand elle y est anéantie relativement aux for-mules qui la contiennent, trouvées après avoir négligé les petitesquantités d’ordres inférieurs, quoique cette correction ne soitjamais tout-à-fait exacte.
L’erreur de sphéricité par rapport à l’objectif cause une espècede confusion dans l’image qui se forme au foyer, quand cetteerreur est assez grande j l’erreur par rapport aux oculaires faitle même effet d’apporter de la confusion dans l’image de l’objetau fond de l’œil à cause du mélange, qui s’y forme , des rayonspartis de ses différens points, mais elle ajoute un autre inconvé-nient , celui de courber les lignes droites. Boscovich traite dece second effet dans un de ses opuscules, dans le second volume ,et il apprend à y remédier.
La confusion de l’image , formée par l’objectif, est beaucoupplus grande que ne l’a cru Newton , et cela à cause des petitscercles des deux erreurs de sphéricité et de réfrangibilité qu’ildétermine par un calcul exact, et en outre, parce qu’il y a,une différence essentielle dans ces deux erreurs. Newton avoitcomparé la seule grandeur des diamètres de leurs petits cercles :il avoit cherché aussi la progression de la densité de la lumièredans les différens points du cercle de l’erreur de réfrangibilité ,et il avoit trouvé qu’elle est infinie dans le centre, et en allantvers la circonférence, elle diminue de manière qu’elle s’évanouittout à-fait sur la circonférence même. Le même problème estbeaucoup plus difficile à résoudre par rapport au cercle de l’er-reur de réfrangibilité. Boscovich a trouvé une méthode qui,par la géométrie ordinaire et par le simple calcul algébrique ,