DES MATHÉMATIQUES. Paht. V. Liv. II. 585
Il n’v en eut aucune qui ne portât le doigt plus bas qu’il ne falloit,loin de le porter plus haut, comme elles auroient dû faire , sielles eussent jugé l’objet plus proche. Je crois donc, d’après cetteexpérience qui me paroît décisive, pouvoir dire qu’un verreconvexe éloigne plutôt qu’il ne rapproche l’apparence des objetsvus au travers. Je crois enfin trouver une nouvelle difficulté dansl’expérience rapportée par Barrow, pour prouver la fausseté del’opinion qui place le lieu apparent de l’image dans le concoursdu rayon rompu et de la perpendiculaire sur le milieu réfrin-gent; car, suivant le système de Smith, lorsqu’on voit oblique-ment de dehors une eau tranquille, une perpendiculaire à la sur-face de cette eau plongée au-dedans, chacune de ses partiesparoît d’autant plus diminuée qu’elle est plus profondémentplacée. Ainsi , si chaque partie devoit paroître d’autant pluséloignée qu’elle est plus diminuée, les parties plus basses dé-voient paroître au-delà de la perpendiculaire, et l'apparence dela ligne entière seroit une courbe placéee au-delà de cette per-pendiculaire. Cependant, suivant Barrov, c’est une combe quitombe en-deçà. C’est pourquoi le principe imaginé par Smith neme paroît pas satisfaire encore suffisamment aux phénomènes.A la vérité , l’objection faite contre celui de Barrow reste encorepresqu’entière. Malgré cette difficulté, nous croyons, dit Mon-tucla, à l’exemple de ce savant, devoir nous en tenir à sonprincipe , jusqu’à ce qu’on ait trouvé quelque chose de plus satis-faisant. Je me fonde de même que lui, sur ce que cette difficultétient à quelque secret de la nature, qui n’a pas encore été pénétréet qui ne le sera peut-être que lorsqu’on aura fait de nouvellesdécouvertes sur la nature de la vision : Nimirum , dit-il, imprae-senti casu peculiare quiddam naturaa subtilitate involutumdelitescit , a a grc fortassis nisi perjectius explorato videndimodo detegendum.
Dutour , dansle sixième volume des Savans étrangers , a cher-ché à prouver que l’objet se voit dans le rayon qui va de l’objetà l’œil. D’Alembert avoit proposé quelques difficultés contre leprincipe généralement adopté par les opticiens, que le pointvisible est apperçu suivant la direction du rayon qui va de cepoint à l’œil. L’expérience, dit-il, paroît le prouver; mais ilpense que celles qu’on peut faire sur ce point laissent desdoutes, et il allègue pour exemple la difficulté qu’on éprouveà enfiler avec le doigt, un anneau qui n’est pas vû dans ladirection de l’axe optique. Cette difficulté cependant annonceseulement qu’on juge mal de sa distance, et noji qu’on se mé-prenne sur la direction de la ligne oh il est placé par rapportà 1 œil, car le doigt même , en manquant l’anneau, ne s’en dirigeTome III, E e e e