586 HISTOIRE
pas moins, soit en deçà, soit en-delà, sur la ligne qui passe
par l’œil, et le centre de l’anneau.
D’Alembert observe avec raison que le jugement qu’on portesur la direction de l’objet, ne sauroit être déterminé ni parla direction que suit la lumière dans l’intervalle qui sépare l’objetdu crystallin , ni par celle quelle est forcée de prendre en seréfractant depuis le crystallin jusqu’à la rétine. A cet égardon peut même dire que cette supposition ne seroit pas plus ad-missible, lorsque le rayon visuel est dans l’axe optique, quelorsqu’il est oblique; caria lumière qui, du point visible, vientfrapper la rétine en un endroit quelconque , n’est pas un simplerayon , mais un pinceau de rayons qui divergent depuis le pointvisible jusqu’au crystallin, s’y plient, et deviennent convergensdepuis le crystallin jusqu’au point delà rétine où ils se réunissent.Dans l’une et l’autre de ces deux portions du faisceau de lu-mière , les différens rayons qui les composent ont tous desdirections dissemblables : lequel de ces rayons auroit la préfé-rence pour qu’on jugeât l’objet dans sa direction , et non danscelle des autres. Si en disant que le point visible est apperçudans le rayon qui va de ce point à l’œil, on entend que ladirection du point visible, dans le jugement qu’on en porte,est déterminée par celle des rayons qui le peignent sur la rétine ;on seroit bien embarrassé à donner une solution satisfaisanteaux objections de d’Alembert : mais si par-là on entend seule-ment qu’on juge le point visible dans la direction de la ligneque suit d’abord celui de ces rayons, qui est l’axe du pinceau,et qui du point visible tend à l’endroit de la rétine où se faitla réunion de ces rayons, l’opinion commune pourra ce mesemble être soutenue.
En effet, puisque d’un côté l’expérience nous donne lieu decroire que le point visible est apperçu dans la direction de cepoint à l’œil ; et que d’un autre côté les lois de la mécaniquedemandent que l’action des rayons de lumière sur Ja rétines’exerce et s’estime selon une direction perpendiculaire à lacourbure que le fond de l’œil forme en cet endroit; il devientnécessaire d’admettre que la disposition des diverses parties del’œil est telle que dans le cas où la vision se fait régulièrement,chacun des endroits de la rétine, où se peignent les diffé-rons points d’un objet , est perpendiculaire à la ligne qui , dupoint respectif de cet objet, iroit aboutir sur cet endroit dela rétine. Dès lors, conformément aux lois de la mécanique ,on doit appercevoir chaque point de l’objet dans la directionde la perpendiculaire à l’endroit de la rétine où le point del’objet est peint, et en même temps aussi, conformément auprincipe des opticiens qu’on attaque, dans la direction de la