6i.{ HISTOIRE
matérielles. Ainsi, les forces se mesurent par les quantités demouvemens qu’elles sont capables de produire, et réciproque-ment la quantité de mouvement d’un corps, est la mesure de la f orceque le corps est capable d’exercer contre un obstacle , et qui s’ap-pelle la percussion ; d’où il s’ensuit que si deux corps non élas-tiques viennent à se choquer directement en sens contraires avecdes quantités de mouvement égales , leurs forces doivent secontre-balancer et se détruire; par conséquent les corps doivents’arrêter et demeurer en repos ; mais si le choc se faisoit par lemoyen d’un lévier , il faudroit, pour la destruction du mou-vement des corps, que leurs forces suivissent la loi connue del’équilibre du lévier.
Il paroît que Deseartes aperçut le premier le principe que nousvenons d’exposer; mais il se trompa dans son application au chocdes corps, pour avoir cru que la même quantité de mouvementabsolu devoit toujours se conserver.
Wallis est proprement le premier qui ait eu une idée nette dece principe , et qui s’en soit servi avec succès pour découvrir les'lois de la communication du mouvement dans le choc des corpsdurs ou élastiques , comme on le voit dans les Trans.philos, de1669 et dans la troisième partie de son Traité de Motu, impriméen 1671.
De même que le produit de la masse et de la vitesse exprime laforce finie d’un corps en mouvement, ainsi le produit de la masseet de la force accélératrice que nous avons vu être représentéepar l’élément de la vitesse divisé par l’élément du temps, expri-mera la force élémentaire ou naissante ; et cette quantité , si onla considère comme une mesure de l’effort que le corps peut faireen vertu de la vitesse élémentaire qu’il a prise , ou qu’il tend àprendre, constitue ce qu’on nomme pression ; mais si on laregarde comme la mesure de la force , ou puissance nécessairepour imprimer cette même vitesse, c’est alors ce qu’on nommeforce motrice.
Ainsi, des pressions ou des forces motrices se détruiront ou6e feront équilibre, si elles sont égales et directement opposées,ou si étant appliquées à une macliine quelconque , elles suiventles lois de l’équilibre de cette machine.
Lorsque des corps sont joints ensemble, de manière qu’ils nepuissent obéir librement aux impulsions reçues et aux forcesaccélératrices dont ils sont animés, ces corps exercent néces-sairement les uns sur les autres des pressions continuelles quialtèrent leurs mouvemens, et qui en rendent la détermination »difficile.
Le premier problème et le plus simple de ce genre dont lesgéomètres se soient occupés , est celui des centres d’oscillations,