DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv III. ?Q 5décomposée; ce qui, à son avis , est d’autant plus vraisemblable,que plusieurs pierres sont composées de gravier. Il pensa que lepoli des graviers des rivières étoit une preuve évidente de la bri-sure de leurs angles ; que le bruit que font les graviers des rivièresest plutôt produit par le chocdeces graviers, que par celui de l’eauet de l’air ; que les pierres, en se choquant et en se froissant lesunes les autres, s.’arrondissoient, diminuoient de grosseur, serésolvoient peu-à-peu en gravier ; et qu’enfin une partie de cesgraviers se réduisoit en sable. Le P. Frisi combat toute cettedoctrine, il soutient que les graviers et les sables sont des corpsoriginaires répandus par tout le globe terrestre ; que les pierres,en roulant dans le lit d’une rivière, peuvent bien s’arrondir etse polir; que semblablement les graviers peuvent s’atténuer;mais que tout cela a des limites, et que jamais les pierres et lesgraviers ne peuvent, par le froissement mutuel, se résoudre ensable. Ainsi, selon lui, la raison pour laquelle on trouve dans lelit des rivières, les pierres , les graviers , les sables, dans l’ordreobservé par Gugliebnini, se tire de la diminution de la chuteet de la vitesse des eaux courantes qui , abandonnant dans lesparties supérieures, les pierres les plus grosses et les plus irré-
f ;ulières , ne peuvent transporter à de plus grandes distances quees pierres rondes et les graviers, par degrés, toujours plus petits.Le P. Frisi établit son opinion , i°. sur ce que l’on trouve partout dans les montagnes et dans les plaines des sables entière-ment semblables à ceux des rivières ; d’où il résulte que tousont une môme origine , indépendante du frottement des pierres ;2°. sur ce que le frottement mutuel des pierres, dans une rivière,quelque violentqu’il puisse être,n’est pas capable de produire dusaille : assertion que l’auteur prouve par des expériences, où unfrottement plus fort que celui qui a lieu dans les rivières les plusrapides, n’a jamais pu donner un véritable sable.
Guglielmini, en partant de son système, et supposant de plusque la brisure des pierres pouvoit s’opérer dans l’espace comprisentre l’origine de la rivière et la dernière limite des graviers ,s’étoit persuadé que lorsqu’il survenoit de nouveaux graviers, ilsne dévoient point faire hausser le lit de la rivière, et que la quan-tité de cejjx qu’on retiroit de la rivière, pour divers usages,absorboit à-peu-près cette augmentation. Au contraire, dit leP. Frisi, si les pierres et les graviers ne se résolvent point ensable, et n’arrivent point jusqu’à la mer, mais restent dans le litdes rivières, comme ils y ont été transportés dans les crues d’eau,ce sera une conséquence nécessaire que le fond des rivières doitse rehausser continuellement dans les lieux où elles coulent surle gravier, et c’est ce qui est conforme aux observations.
Nous avons vu que les Italiens font un grand usage de la tableTome. III. V v v r