726 HISTOIRE
Mais de quelque nombre de roues ou de le\iers qu’une ma-chine soit composée, si un poids en entraîne un autre d’unmouvement uniforme , le poids tombant , considéré commepuissance , multiplié par l’espace qu’il parcourt, est, dans lathéorie , égal au poids élevé, multiplié par Ja hauteur dont ils’élève. Cette dernière quantité représente l’effet. Ainsi dansla pratique, l’effet altéré par les frottemens , les chocs et tousles inconvéniens des machines est toujours inférieur à un poidséquivalent à la puissance, multipliée par l’espace qu’elle aparcouru.
Pour pouvoir comparer l’effet avec la fatigue que les hommeséprouvent en produisant cet effet, il faut déterminer la fatiguequi répond à un certain degré d’action. L’auteur appelle actionla quantité qui résulte de la pression qu’un homme exerce ,multipliée par la vitesse et le temps que dure cette action. Quan-tité comme l’on voit, qui peut être représentée par un poidsqui tombe d’une certaine hauteur dans un temps donné : et sien produisant cette quantité d’action , l'homme éprouve toutela fatigue qu’il peut soutenir chaque jour,sans dérangement dansson économie animale, cette quantité d’action mesurera l’effetqu’il peut produire dans un jour, ou si l’on veut le poidsqu’il peut élever à une certaine hauteur dans un jour. Ainsitoute la question se réduit à chercher qu’elle est la manièredont il faut combiner entr’eux les différons degrés de pression ,de vitesse et de temps, pour qu’un homme à fatigue égale,puisse fournir la plus grande quantité d’action.
Daniel Bernoulli, qui a discuté cette question , en ayant égardà la plus grande partie de ses élémens, dit que la fatigue deshommes est toujours proportionnelle à leur quantité d’action ,ensorte qu’en n’outrepassant pas leurs forces naturelles, l’onpeut faire varier à volonté la vitesse, la pression et le temps;et que pourvu que le produit de ces trois quantités soit unequantité constante, il en résultera toujours pour l’homme unmême degré de fatigue.
Il ajoute que de quelque manière que l’homme employé sesforces soit en marchant soit en tirant, soit sur une manivelle,soit sur la corde d’une sonnette à battre les pilotis, en élevantle mouton; soit enfin d’une manière quelconque, il produiraavec le même degré de fatigue la même quantité d’action, etpar conséquent le même effet. Il évalue le travail journalierdes hommes dans tous les genres de travaux, à un poids de1728000 livres , élevées à un pied , ce qui revient à 274701kilogrammes élevés à un mètre : ( Prix de VAcadémie , t. VIII,p. 7. ) Désaguliers, et la plupart des auteurs qui ont eu besoin,dans le calcul des machines, d’évaluer l’action des hommes,