DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. IV. 743les torons se trouvoient réduits à l’ordinaire par les différentestorsions données dans l’attélier aux deux tiers à-peu-près deleur longueur primitive. Ces trois cordes sont les mêmes quilui ont servi ensuite pour déterminer, au moyen d’une poulie,le frottement des axes.
Pour mettre ces cordes à-peu-près dans le même état quecelles dont on se sert dans la manœuvre des machines , Coulomb,avant de les mettre en expérience, les lit travailler pendantune heure sur une poulie alin de leur donner une flexibilitéà peu-près uniforme dans toute leur longueur.
Il donne dans une table les résultats de ses expériences surces trois cordes , et il trouve une formule pour exprimer larésistance d’une manière qui soit d’accord avec l'expérience.Il examine les cordes mouillées et les cordes goudronées ; il trouveque les poids nécessaires pour plier ces cordes sont à peine d’unsixième plus considérables que ceux qu’il avoit fallu employer
} iour vaincre la roideur des cordes non-goudronnées ; et même'augmentation n’a été bien sensible que pour la corde de 3 o fils.Elle l’a été très-peu pour celles de 6 et i 5 fils. L’augmentationde roideur que le goudron donne aux cordes dépend au moinsen grande partie , de l’augmentation du terme constant de laformule ou du degré de tension , indépendant de la charge quele goudron , en remplissant les interstices de la corde fait contrac-ter à tous les fils qui la composent.
Le cit. Prony , dans son Architecture hydraulique donne unetable des poids nécessaires pour plier les cordes autour d’unrouleau de 4 pouces de diamètre , d’après les expériences ducit. Coulomb 5 et dans sa Mécanique Philosophique , en 1799,Prony a donné l’application de la théorie aux machines en fai-sant entrer en considération les circonstances physiques qui in-fluent sur leur jeu et leur produit , telles que l’adhésion , lefrottement, la roideur des chaînes , et des cordes, &c. J’ai vouluoffrir, dit-il, aux artistes qui n’ont qu’une médiocre connois-sance de l’analyse mathématique et de la mécanique, et auxingénieurs, une suite de règles et de formules pour leur servirdans tous les cas où ils auront ou à employer ou a juger unmécanisme quelconque , et en général à appliquer la mécaniqueaux besoins de la société.
Après ces considérations générales sur les machines, nousallons parler de celles qui sont les plus remarquables ; et commeles machines à élever l’eau sont les plus importantes , nous com-mencerons par celles-là. *