DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. IX. 5 17sera de 2.4° 10 '. Ces derniers changemens sont assez petitspour qu’ils puissent se confondre avec les anomalies de la marchegénérale de l’aiguille aimantée.
Mandillo , pilote de Gênes, avoit trouvé une méthode pourcorriger la déclinaison. Poinsinet de Sivry , en 1771 , et Chan-vallon en firent beaucoup de cas, le cit. de la Lande fit (aireune boussole de cette espèce par Pelletier en 1786, et reconnutqu’il ne s’agissoit que de mettre deux aiguilles l une au-dessusde l’autre à une certaine distance; niais par-là on ne corrigela déclinaison que quand on en conntWt la quantité, ainsi celane peut servir pour la marine.
Les aimass artificiels sont une découverte intéressante dontil est naturel de donner ici une idée. Quoique les aiguilles descompas de route tussent toujours touchées avec des pierresd’aimant, on a reconnu que l’on pouvoit s’en passer en don-nant au fer les mêmes propriétés. Grimaldi dans son Traitéde la lumière , dit qu’une barre de fer , tenue verticalement,à des pôles ainsi que l’aimant; et il ajoute: l’extrémité infé-rieure attire la pointe de l’aiguille qui est tournée vers le sud,son extrémité supérieure la repousse. Si l’on retourne la barre,ses pôles changent aussitôt, car c’est toujours la partie infé-rieure qui attire la pointe sud de l’aiguille.
Rouhault ajouta quelque chose à cette expérience ; il rapportaqu’ayant fait rougir un morceau d’acier, long et délié , et l’ayantensuite trempé en le tenant suspendu verticalement, c’est à-dire , perpendiculairement à l’horizon , cet acier avoit non-seulement des pôles, mais qu’il attiroit encore assez bien lalimaille de fer. lléaumur a contesté ce dernier fait, ( Mémoiresde T Académie de 1723 ). Quoiqu’il en soit, ce 11’étoit là qu’unevertu passagère dans le 1er, et qui disparoissoit dès que la barrechangeoit de position; mais le Lazard apprit encore aux phisi-ciens, vers le milieu du dernier siècle, que du fer exposé àl’air acquéroit une vertu plus durable et devenoit un véritableaimant. Gassendi rapporte, dans la vie de Peiresc, que le tonnerreayant renversé la croix qui étoit sur le clocher de Saint-Jeand’Aix en Provence, on apperçut qu’une croûte de rouille quis’étoit formée sur le fer engagé dans la pierre, avoit une très-forte vertu magnétique. Cela donna occasion sur la fin du der-nier siècle, lorsqu’on rétablissoit le clocher de Notre-Dam©de Chartres, d'examiner si les barres de fer qui lioient les pierresdu clocher donneroient aussi des marques de magnétisme ; ils’en trouva en effet qui étoient devenues comme de véritablesaimants.
La Hire suivit ces expériences, et ayant mis, en iéq 5 , dansde la pierre de Saint-Leu des hls de fer élevés d’environ 60?