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de cette action métamorphique, on reconnaît qu’ils n’ont rigoureusement ni l’aspect des schistes lui-sants de la formation azoïque du centre de l’Alemtejo, ni celui des schistes fins dévoniens, ni mêmecelui des schistes siluriens , ordinairement très chargés de mica. Ce sont des schistes argileux, en gé-néral micacés, d’un gris foncé, dans quelques points très fins et très fissiles, sous-luisants, dans d’autresplus micacés et plus grossiers, passant à la grauwacke et à la quartzite, cette roche formant diversesassises qui y sont subordonnées.
Malgré les recherches les plus minutieuses, nous ne sommes pas encore parvenu à découvrirdans ces schistes aucune trace de fossiles de nature animale; et c’est seulement à Gafete, 1800 mètresau nord-nord-ouest de la pyramide géodésique de 1 èr ordre de la serra de S.-Mamede, qu’on a décou-vert, dans un schiste micacé gris foncé, quelques impressions circulaires de 0, m 04 à 0, m 07 de diamètreportant des vestiges de cicatrices au centre, que nous avons pris pour des impressions laissées aprèsla destruction de quelques feuilles de végétaux, peut-être des algues. Nous avons eu occasion de voirdes impressions semblables dans des schistes beaucoup plus modernes, notamment ceux de la forma-tion carbonifère inférieure ou schistes à Posidonomyes, dans le voisinage de Grandola ; et nous en avonsvu encore à Madrid , parmi les collections de la Commission Géologique, dans des schistes que M. Do-naire a classés comme siluriens .
Le schiste de Gafete est très puissant, toujours plus ou moins micacé, et par l’aspect tant soitpeu analogue à quelques schistes siluriens. En quelques points il est grossier et passe à la grauwacke;dans d’autres il est assez dur et sous-tégulaire se délitant aisément en de minces dalles à surface plane ;dans d’autres points il est très fin et très doux au toucher, se montrant alors sous-luisant. Ce schisterenferme en outre beaucoup de cavités cubiques, qui sont le résultat de la destruction de petits cris-taux de pyrite (caractère qui semble être commun aux roches de ce groupe), étant entrecoupé à des in-tervalles par des veines et des amas très irréguliers de quartz blanc, se ramifiant en de minces vénules,et qui cessent de se montrer à une courte distance de leur origine.
Cette formation schisteuse présente une grande analogie dans ses caractères avec celle qui semontre dans le Minho a l’est de la région silurienne de Yallongo, et au-dessus de laquelle les rochesde cette période sont couchées transgressivement. Nous avons d’ailleurs la preuve directe que les schis-tes de la partie orientale de la chaîne de Portalegre sont rigoureusement synchroniques ou équivalentsà ceux qui s’étendent depuis Niza jusqu’à Montalvâo, de l’un et de l’autre côté de la bande de quartzitessiluriennes à Bilobites, qui constitue les crêtes des chaînes de S.-Miguel et Perdigâo, et qui forme unemuraille continue de 29 kilomètres d’étendue, traversant le Tage à Portas-de-Rodam. Là se montre bienévidente la discordance de la stratification des quartzites sur les schistes, qui constituent les flancs deces chaînes, se déployant de l’un et de l’autre côté jusqu’à une grande distance, et qui vont dans le sensde l’est pénétrer en Espagne .
Il est donc hors de doute que ces schistes sont anlé-siluriens, et qu’ils se trouvaient déjà dislo-qués, voire même dénudés, à l’époque où les dépôts siluriens sont venus les recouvrir vers la fin del’époque primordiale, c’est-à-dire, lorsque les quartzites qui forment aujourd’hui les sommets de ceschaînes se sont déposées.
Nous avons dit que toutes nos formations paléozoïques ont des représentants dans l’Alemtejo;néanmoins quelques-unes montrent, comme nous avons déjà vu, des dimensions très restreintes, deuxd’entre elles, seulement, occupant des surfaces assez considérables. Ces deux formations, dont il nousreste à parler, sont la série azoïque inférieure et le carbonifère inférieur, la première se développantdans la partie centrale et orientale de la province, et la dernière dans la partie méridionale, plus gé-néralement connue sous la dénomination de Baixo-Alemtejo, et qui embrasse aussi la plus grande partiede l’Algarve.
Nous décrirons en peu de mots les principaux caractères lithologiques de chacune de ces forma-tions suivant le mode dont elles se présentent dans ces régions où nous les avons indiquées.
La formation inférieure, nous l’avons nommée azoïque , prenant ce terme dans le sens que lui adonné M. Barrande , lorsqu’il l’a employé pour désigner ses étages siluriens A et B; cela parce que