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faune ne sont pas comprises les formes étranges que nous soumettons aujourd’hui à la considérationdes savants.
Ainsi, quoique le caractère lithologique des couches où elles sont contenues à la vérité les rap-proche assez de la formation schisteuse de la Beira , laquelle est sous-jacente aux quartzites siluriennesà Bilobites, nous sommes toutefois forcés d’abandonner l’hypothèse qui fait regarder notre groupe fos-silifère comme étant antérieur à la formation de ces quartzites. 11 se peut cependant qu’une étudeattentive conduise à la longue à subdiviser la série schisteuse, comprise entre la formation azoïque etle carbonifère inférieur, au sud de Beja , en deux groupes distincts quoique concordants, et faisantmême transition l’un à l’autre, l’inférieur étant cambrien, et le supérieur (dans lequel nos fossiles ontété recueillis) post-cambrien ou silurien.
La critique lumineuse de M. Barrande dans l’ouvrage cité sur la faune cambrienne met au jourquelques faits du plus grand intérêt, que nous croyons devoir être consignés ici, puisque nous pouvonsen tirer quelques inductions concernant la question dont il s’agit.
Les caractères distinctifs généraux de cette faune 1 comparée aux faunes siluriennes sont surtoutla frappante prédominance, dans la première, des végétaux (15 especes) et des Annélides (13 espèces);ce nombre approche celui de toutes les autres formes animales réunies, qui est de 15, y compris 4 for-mes pour lesquelles on n’a pas encore trouvé une place fixe dans le règne animal.
Cette dernière circonstance, si elle se maintenait, dit M. Barrande , serait caractéristique de lafaune cambrienne, car le nombre d’espèces d’Annélides découverts jusqu’à ce jour, de la faune primor-diale, ne dépasse pas 5, ou la fraction 13 /»ooo du nombre total des espèces primordiales (306), y com-pris la forme douteuse Cruziana, rangée parmi les Annélides par Salter. L’absence absolue de Trilobi-tes dans la faune cambrienne fait un contraste remarquable avec l’abondance extraordinaire d’Annélides ,ceux-là au contraire constituant le caractère prédominante de la faune primordiale. Ainsi l’infériorité dela faune cambrienne est manifeste, non seulement à cause du nombre des espèces, mais principalementpar la nature des organismes dont elle est composée.
Mais, si ces caractères remarquablement contrastants font séparer la faune cambrienne des fau-nes siluriennes, les analogies qui les lient ensemble ne sont pas moins dignes d’appeler l’attentionquand on fait une étude plus minucieuse de leurs éléments constitutifs. Ainsi, M. Barrande constate quedes 27 genres de fossiles cambriens 20, c’est-à-dire, les trois quarts à peu près, se rencontrent aussidans le terrain silurien de différents pays.
De même nous pouvons aussi assurer d’après nos propres observations, que 5 d’entre eux, dumoins, se trouvent dans la formation silurienne inférieure du Portugal , savoir: Cruziana (Bilobites) etScolithus dans les quartzites de la base ; Hyolithes, Lingala et Obolus dans les schistes, conjointementavec d’autres espèces caractéristiques de faune seconde.
Nous croyons aussi utile d’appeler l’attention sur le genre Dictyonema Hall, dont l’existencedans le grès à Eophyton en Westrogothie a été constaté‘par M. Linnarsson en 1871, et qui représenteun type de la famille des Graptolites, laquelle a été jusqu’à ce jour censée être éminemment caracté-ristique des faunes siluriennes moyenne et supérieure, une espèce seulement ( Dendrograptus Hallia-nus Prout) ayant été découverte dans la faune primordiale.
Or, comme on a découvert, à ce qu’il nous semble, parmi les fossiles recueillis tout près de la minede S.-Domingos une forme nouvelle de Graptolite, ce fait ôte beaucoup de poids à l’argument qu’ellepourrait prêter au classement des couches où elle se trouvait, celles-ci pouvant donc appartenir autantau système cambrien qu’au silurien; cependant les plus fortes probabilités sont en faveur de cette der-nière supposition, vu que la découverte de M. Linnarsson n’est qu’un fait unique dans son genre.
1 Nous ne connaissons pas un meilleur terme pour désigner la totalité des espèces des deux règnes orga-niques existants à une époque géologique quelconque; en outre son emploi dans ce sens est appuié par l’exem-ple des plus respectables maîtres dans la science, l’incontestable autorité de l’éminent paléontologue M. Barrandeétant d’ailleurs plus que suffisante.