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à l’étage de Llandeilo par Salter, dans le tableau démonstratif de la distribution verticale des fossilessiluriens dans les Iles Britanniques . 1 Ainsi, nous rencontrons dans le Pays de Galles un argument deplus en faveur de la classification de nos fossiles comme siluriens .
Dans deux des comtés les plus seplentrionals de l’Angleterre, le Cumberland et le Westmore-land, il existe un groupe de couches, qui par la nature des fossiles qu’elles renferment, sont demême très utiles à connaître. Ce groupe schisteux que le Prof. Sedwgick avait incorporé dans sonMiddle Cambrian, est connu sons la dénomination de Skîddaw Slate sériés, d’après le nom de la con-trée montagneuse du Lake-district où il montre le plus de développement.
Pendant longtemps la faune renfermée dans ces couches fut presque ignorée. Le Prof. M'Coyparle seulement de deux espèces de Graptolites du genre Monograpsns (Graptolites latus et Gr. sagit-tarius), et de quatre formes de Fucoïdes des genres Palæochorda et Chondrites . 2
Cette faune a été censée être ainsi constituée jusqu’à l’époque où les travaux très importants du
Prof. Ilarkness, insérés dans les Proceedings of the Geological Society sous le titre « On the SkiddawSiale sériés*, ont révélé au monde scientifique l’existence dans ces mêmes couches d’un nombre consi-dérable d’espèces sur lesquelles M. Salter a fait une élude spéciale, qui accompagne le mémoire cité.
Dans la liste des espèces, pour la plupart des Graptolites, que M. Salter a déterminé, on voit mention-
née une forme de Nereites, recueillie par le Prof. Ilarkness à Skiddaw et Longside, d’où provient éga-lement une nouvelle espèce de Crustacé (Caryocaris Wrightii) et des trous rayonnants de vers ( radia-ting worm-burrows), les Graptolites appartenant tous à d’autres localités. On doit cependant remarquerque le dr. Nicholson, en présentant dans la suite une liste 3 des fossiles des Skiddaw slates, plus com-plète que celle de M. Salter, puisqu’elle comprend 48 espèces au moins, tandis que l’autre en com-prend à peine 21, ne fait pas mention du genre Nereites, dont l’existence à celte époque ne sauraitêtre révoquée en doute; il mentionne cependant avec réserve Dendrograpsus Hallianus Prout, forme.qui garde, comme nous avons déjà vu, assez d'analogie avec quelques-uns des exemplaires recueillis àS.-Domingos.
Par des considérations stratigraphiques que M. Harkness développe largement, il s’ensuit quela classification qu’on a faite des schistes de Skiddaw les fait ranger dans le silurien inférieur au-des-sous des couches de calcaire de Coniston , qu’on regarde comme équivalents des calcaires de Bala.
M. Salter en se laissant guider par des considérations dérivées de la paléontologie arrive aumême résultat, fixant toutefois la position que ce groupe fossilifère doit occuper dans la série géo-gnostique des formations. Ayant remarqué que les Graptolites des schistes de Skiddaw ont la plusétroite ressemblance, et quelques espèces même une parfaite identité avec ceux du groupe découvert parSir W. Logan près de Québec , lesquels tous les géologues s’accordent à ranger dans la partie inférieurede la série silurienne, il établit que les schistes de Skiddaw représentent la portion inférieure ou la plusbasse des Llandeilo Flags. Il fait remarquer en outre une coïncidence singulière, même dans les cara-ctères les plus minutieux, entre les schistes de Skiddaw et les" roches graptolitiques de Melbourne (Australia ), toutes les formes zoologiques renfermées dans ces couches y correspondant genre pourgenre, et presque même spécifiquement, d’où il déduit «thaï there is a peculiar zone or horizon of theLlandeilo rocks of which these généra of Graptolites are characteristic ».
Selon le savant paléontologue du Geological Survey d’Angleterre «the Skiddaw slate sériés isat once the birthplace and metropolis of the Graptolites, as nowhere else are there so many généra orsuch complex forms.*
1 Siluria, p, 539. Appendix.
2 Le dr. Nicholson ( Geological Magazine, 1869, p. 495), en confirmant l’opinion expri mée antérieurementpar MM. Salter et Harkness dans le mémoire où nous avons puisé ces renseignements ( Proceedings of the Geologi cal Society of London , 1863, p. 139), tient ces fossiles comme dûs à l’action de vers marins, plutôt que comme desfossiles de nature végétale.
3 Geological Magazine, vol. vi, 1869, p. 498.