CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
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que dans le cas où un nouveau caractère ne s’accorderait pas avec un deceux que j’ai précédemment remarqués ; car, dans ce cas, un des deuxcaractères aurait été mal observé.
Je pouvais à mon tour user de récrimination envers plusieurs écono-mistes anglais, et leur reprocher des définitions prolongées qui, si l’on semet à la place d’un lecteur qui ne sait pas la chose d’avance, obscurcissentla matière au lieu de l’éclaircir. Si Ton a accordé à mes écrits sur l’économiepolitique le mérite de la clarté, s’ils paraissent avoir été préférés pourservir de base à l’enseignement de cette science, en Europe et dans lesdeux Amériques, peut-être dois-je cet honneur à la méthode même quiest devenue l’objet de ce reproche'.
Même en s’attachant à fuir les abstractions et à se tenir dans le monderéel, on est souvent forcé de prendre en considération des idées générales,avant d’en faire l’application aux circonstances de la vie. Les mots travail ,valeur, propriété, consommation, sont des termes abstraits. Je ne me suispas dissimulé combien il était difficile de mettre ces abstractions à la portéede tout le monde. J’ai essayé de le faire à la faveur d’exemples nombreuxqui sont des applications, dont les personnes accoutumées à méditer n’ontpas besoin, mais que je les prie de me pardonner en faveur des autres.
Des exemples préviennent la fatigue d’esprit que le lecteur éprouve àchercher lui-même les applications que l’auteur a eues en vue. En suggé-rant ces applications, l’auteur fait le sacrifice de son amour-propre ; carle commun des lecteurs conçoit une haute opinion de la profondeur d’ungénie qu’on a de la peine à comprendre.
La plupart des chapitres qui composent cet ouvrage ayant fait la matièrede discours prononcés en public, on ne sera pas surpris d’y trouver l’em-ploi de la seconde personne. Je l’ai conservé de même que quelques formesun peu plus familières que celles d’un livre didactique, comme étant favo-rables à des explications qu’on veut rendre aussi nettes qu’il est possible.Les nombres dont je fais mention sont en général exprimés en sommes
' Je ne parle pas des critiques peu sensées, et encore moins des diatribes quem’ont quelquefois attirées mes ouvrages. Une sottise, une inculpation gratuite,une assertion provenant de l’ignorance, se réfutent d’elles-mêmes à mesure queles connaissances positives se répandent. Il ne faut pas perdre à batailler untemps si nécessaire pouravanceret pour faire avancer les nations. Je ne m’arrêteà la polémique que lorsqu’il en peut sortir quelque instruction ; lorsqu’elle peut,mieux qu’un simple énoncé, faire connaître la nature des choses.