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Tome I.
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DEUXIEME PARTIE. — CHAPITRE VII.

le gouvernement, quel qu’il soit, perçoit un droit. L’Amérique entière,suivant Humboldt, fournissait chaque année,

17,000 kilogrammes d’or,

800,000 âito d’argent,valant environ 198 millions de notre monnaie.

Toutes les inities de métaux précieux du reste du monde fournissent àpeu près le 10 e de cette somme.

Les mines de fer fournissent une valeur en somme fort supérieure auproduit des mines d’or et d’argent ; mais il est difficile d’en faire le calcul,parce que les mines de fer sont répandues dans presque tous les pays dumonde, et exploitées dans des multitudes d’entreprises, dont quelques-unes assez petites.

Le premier et le plus important des minéraux que nous lirons actuelle-ment du sein de la terre, n’est cependant ni l’argent, ni le fer; c’est lahouille; et son importance ne cessera d’aller en croissant. La chaleur estle plus puissant des agents dans les arts. Sans elle, nulle production, nullecivilisation n’est possible. Outre que, sans chauffer nos demeures et nosateliers, je ne sais pas trop comment nous supporterions les hivers dansnos latitudes au-dessus du 45 e degré, le combustible est encore nécessairepour préparer presque tous nos aliments ; et, si Ton pensait que l’espècehumaine pût à toute rigueur subsister de végétaux et de viandes crus, jeferais remarquer que, pour faire pousser ces végétaux avec une abondancequi suffise aux besoins d’une société un peu nombreuse, il faut des outilsaratoires, et que ces outils ne peuvent être fabriqués sans modifier lesmétaux par le moyen du feu. Comment, sans amolir le fer et le transformeren acier, ferait-on les ciseaux pour tondre les brebis? comment fabrique-rait-on les rouets pour filer leurs toisons, les métiers pour tisser, les ai-guilles pour coudre même de grossiers vêtements? Il n’est aucun art in-dustriel où Ton puisse se passer complètement de feu, et par conséquentde combustible.

Quand le monde était neuf, il était presque entièrement couvert de bois.Il suffisait (du moment qu’on a su faire du feu) de casser des branchesd’arbres pour l’entretenir. Mais le bois ne se reproduit pas aussi facile-ment qu’il se consume. Aussi, voyons-nous les pays se dépeupler de forêts,à mesure qu’ils se peuplent d’habitants. Les plus anciennement civiliséssont les plus dépouillés. Sur les bords de l’Euphrate, il n’y a d’arbres quedans les jardins. En Égypte, on se sert de fiente de chameau desséchéepour faire du feu. La Grèce, l’Italie et l’Espagne, quoique moins ancien-