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Tome I.
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DES EMPLACEMENTS POUR LES MANUFACTURES.

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pays où règne l’esclavage. Charles Comte a fort bien prouvé ' que l’effetinévitable de l’esclavage est de dépraver les facultés morales et physiquesdes maîtres et des esclaves , c’est-à-dire, les facultés qui rendent indus-trieux. Le maître prend le moins de peine qu’il peut, parce que dans cespays-là touttravail est flétrissant, et parce que l’habitude de se faire servirengendre l’indolence. L’esclave cherche, de son côté, à déguiser ses fa-cultés. Il n’a pas peur d’être renvoyé ; et il sait fort bien que plus il mon-trera de capacité, et plus on exigera de lui. M. Slorch rapporte que deuxmanufacturiers des environs de Moskou, qu’il nomme, après avoir forméleur établissement, rendirent la liberté à tous leurs esclaves pour obtenird’eux de travailler bien \ Et l’on sait qu’aux États-Unis les manufacturesne prospèrent que dans les Étals où il n’y a point d’esclaves.

Certaines localités se refusent quelquefois à l’établissement de certainesindustries par des causes, ou plutôt par des réunions de causes qu’il estimpossible d’assigner avec exactitude. L’impératrice de Russie, Cathe-rine II, dans la vue de réussir infailliblement, suivant elle, à naturaliserdans ses États une fabrication d’étoffes de soie, fit venir de Lyon tous lesouvriers nécessaires pour exécuter jusqu’aux moindres parties de celte fa-brication .Us furent choisis parmi les plus habiles; ils étaient fort intéressésà réussir; ils n’ont pourtant jamais pu parvenir à terminer une seule pièced’étoffe. Voici comment M. Chaptal, dans son ouvrage sur l’industriefrançaise, rend raison de ce fait:

« On voit d’abord à Lyon, dit-il % un établissement public dans lequel« on expose la soie à une température constante pour éviter la fraude à« laquelle pourraient se livrer les vendeurs ; on y trouve des hommes hâ-te bilués à juger les qualités, exclusivement employés à faire les achats, et« l’on est étonné de voir cette matière précieuse passer par dix mains« différentes, depuis la filature du cocon jusqu’à sa conversion en tissus.« Ces hommes n’ont rien de commun entre eux que le but de leurs tra-« vaux -, leurs fonctions exigent des connaissances distinctes et une longue« pratique; chacun d’eux est un rouage nécessaire de la fabrique; aucun« d’eux ne peut suppléer l’autre; et tous doivent être parfaits pour que le

' Voyez son Traité de Législation. Il a consacré son tome IV presque entierà décrire la dépravation morale et physique qui résulte de l’esclavage domes-tique.

1 Tome IV, page 310.

3 Tome 1, page 51.