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Tome I.
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COMPARAISON DES FRAIS AVEC LES PRODUITS.

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des travaux hydrauliques, est absolument nécessaire, et demande qu’ony comprenne pour beaucoup les dépenses accidentelles que l’humaineprudence ne saurait prévoir. Il ne suffit pas de faire entrer, dans les fraisde production, l’intérêt de ce capital engagé : il faut y comprendre aussila détérioration de toutes les choses dont il se compose; car elles ne serevendent jamais ce qu’elles ont coûté.

Lorsque l’entrepreneur, ou les entrepreneurs, indépendamment desavances que réclame impérieusement la production, emploient une partiede leurs capitaux à des objets d’ostentation, outre qu’ils grèvent l’entre-prise d’intérêts qui ne donnent aucun produit, ils ravissent cette portionde capital à un autre emploi où son absence peut porter un grand préju-dice. On accuse en général les manufacturiers français de commencer parconsacrer une partie de leurs fonds à des bâtiments trop fastueux, soitpar leurs ornements, soit même par leur solidité. Que diraient-ils si on lesobligeait à payer leurs ouvriers au-dessus du taux ordinaire de la main-d’œuvre? Ils s’imposent, par des constructions trop dispendieuses, desintérêts de fonds, une charge du même genre, et dont il leur est ensuiteimpossible de s’affranchir 1 .

L’excès de solidité est un luxe aussi nuisible que tout autre. Les étahl isse-ments manufacturiers ne sont pas destinés â durer très long-temps. Lescirconstances qui ont décidé leur formation changent au bout d’une cer-taine période; les goûts des consommateurs varient; d’autres produitsanalogues remplacent ceux que l’on fabriquait d’abord avecavantage ; uneguerre, ou bien des lois mal conçues, rendent mauvaises des combinai-sons qui étaient bonnes dans l’origine. Il y a sans doute des manufacturesqui durent depuis longtemps, comme la manufacture de glaces du fau-bourg Saint-Antoine, qui date du temps de Colbert; mais, pour une de cegenre, singulièrement aidée par des circonstances de plus en plus favo-

1 Cette proposition peut paraître exagérée, et pourtant elle ne l’est pas. Onpeut, dira-t-on, s’affranchir d’un intérêt en remboursant le capital ; et l’on peutrembourser une portion du capital, en économisant des bénéfices. — Mais sipar des accumulations successives vous parvenez a former de nouveau un capitalde 20 mille francs que vous avez dépensé de trop, vous vous êtes privé d’avancede l’intérêt de ces 20 mille francs que vous auriez pu faire travailler à profit, ensupposant que vous n’eussiez pas eu de remboursement à faire. Le fait est que20 mille francs dépensés de trop, sont, de toutes manières, entièrement perdus,et par conséquent l’intérêt qui pouvait en résulter.

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