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Tome I.
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QUATRIÈME PARTIE. - CHAPITRE XXVI.

premiers publicistes de l’Angleterre, je mettrai sous vos yeux une esquissede l’histoire de sa compagnie des Indes. Tout ce qui a rapport à cet éta-blissement se lie à notre sujet et l’éclaire, et, de plus, les personnes quiaiment une solide instruction doivent être bien aises de pouvoir réduire àleur juste valeur ces exagérations, disons mieux, ces préjugés qui repré-sentent sans cesse la puissance des Anglais dans l’Inde comme la sourcede leur grandeur et de leur prospérité.

CHAPITRE XXVI.

Digression sur l’origine, les progrès et la fin probable de la Compagnie anglaise-

des Indes.

On me paraît assez généralement dans Terreur, sur le continent del’Europe, relativementà la souveraineté des Anglais aux Indes orientales.On se demande souvent quelle est l’origine de cette souveraineté? par quis’exerce-1-elle ? est-ce la compagnie des Indes qui gouverne ? est-ce l’au-torité militaire? ou bien le gouvernement delà métropole ? On paraît con-vaincu que celte domination est la principale source où la nation anglaisepuise son opulence. Les gouvernements eux-mêmes, qui seraient si inté^ressés à n’avoir que de saines idées sur les questions d'économie politique,partagent à cet égard les opinions du vulgaire. Ils se sont imaginé que lespeuples de l’Inde gémissaient sous le joug que leur impose la Grande-Bretagne , et qu’il suffirait de s’y montrer en force pour renverser unepuissance odieuse et précaire ; Bonaparte voulait les délivrer en passantpar l’Égypte ; et vingt fois le cabinet de Pétersbourg a médité le projetde parvenir au Bengale par les bords de la mer Caspienne.

Je m’estimerais heureux de détruire ces illusions, si elles doivent coûterde l’argent et du sang aux peuples d’Europe ; quidquid délirant reges... etc.Il vaut d’ailleurs la peine de constater un ordre de choses sans exemplejusqu’à présent dans les annales du monde, et qui est peut-être à la veillede subir d’importantes métamorphoses.

Le premier privilège pour trafiquer au-delà du cap de Bonne-Espérancefut accordé à une compagnie de négociants par la reine Élisabelh, enTannée 1600. Son capital, formé par des actions de 1,250 francs de notre