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Tome II.
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VIE MOYENNE DE L’HOMME.

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dans le 16° siècle, de 18 1/2 années,dans le 17 e siècle, de 23 1/3 dito.dans le 18° siècle, de 32 1/4 dito.

Celte progression, remarquablement croissante, prouve qu’à Genève, dumoins, chaque personne, en mettant le pied sur le seuil de la vie, a main-tenant la chance de vivre pendant un espace de temps presque double decelui dont elle aurait pu se flatter de disposer si elle fût née trois sièclesplus tôt.

Un mathématicien laborieux, M. Duvillard , d’après d’autres calculs, aestimé, qu’entre une population soumise à la variole et une population vac-cinée, la vie moyenne s’élève de 28 3/4 années à 32 1/4.

D’autres observateurs ont remarqué qu’en Suisse, bien que la prospéritéet la population du pays aient considérablement augmenté depuis l’année1620, cependant, d’après les registres, le nombre des naissances a dimi-nué'; ce qui est, comme vous l’avez vu, le signe d’une longévité plus grande.

Si nous pouvions avoir des relevés anciens et nouveaux dans tous lespays de l’Europe, il est probable que nous aurions des résultats analogueset qui ne différeraient que dans leurs proportions. Nous pouvons doncaffirmer que, sur un même nombre de personnes, dans les pays qui ontparticipé aux progrès de la civilisation, il se trouve une plus grande popu-lation virile, un plus grand nombre de gens qui sont dans la force de l’âge,qui jouissent de la plénitude de leurs facultés et d’un meilleur état desanté, qu’à aucune autre époque ; et qu’il faut, pour tenir au complet lespopulations que chaque pays peut nourrir, moins de naissances à propor-tion de ce nombre qu’il n’en a fallu à aucune autre époque 1 2 .

Les mêmes progrès se continueront selon les apparences. Ce n’est quevers la fin du dernier siècle que la pratique de l’inoculation s’est un peugénéralement répandue, et ce n’est que dans celui-ci que la vaccination,

1 Prunelle : de l'Action de la Médecine.

2 Je ne dis pas qu’il y ait à présent, absolument parlant, moins de naissancesqu’autrefois, mais qu’il y en a moins par rapport à la population, qui est entre-tenue avec un moins grand nombre de naissances et de décès. Quant au nombredes vivants, il ne dépend pas du nombre des naissances, ni de celui des décès,ni des progrès de l’art de guérir, mais de la production des biens qui servent àl’entretien des hommes. Si la France ne pouvait nourrir que 20 millions d’ha-bitants, comme au 18 e siècle, elle n’aurait encore que 20 millions d’habitants,malgré l’inoculation, la vaccine et un meilleur régime diététique.

U.

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