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Tome II.
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DISTRIBUTION DES HABITANTS EN CHAQUE PAYS. 169

; produits de la France a cessé d’avoir lieu, la population de Versailles est! tombée à la moitié, peut-être au tiers de ce qu’elle .était auparavant.

■ J’appelle cela une distribution forcée, parce que ce n’est que forcémentque les contribuables fournissent aux dilapidations d’une cour. Il n’y a dedistribution naturelle de l’argent des contributions que lorque le traite-ment des fonctionnaires publics n’est qu’une équitable indemnité de leurstravaux, indemnité débattue et réglée entre eux et les mandataires des! contribuables.

j On peut donc dire que, sauf les cas où le cours naturel des choses estj dérangé par l’intervention de la force (et ce sont des cas d’exception),chaque localité a autant d’habitants qu’elle en peut faire vivre par sesproduits, et n’en a pas davantage.

Je dis/tar ses produits, sans en spécifier la nature, parce que les échanges,ainsi que je vous l’ai déjà montré pour la population générale, transforment.un produit quelconque en tout autre produit dont le besoin se fait plusvivement sentir. Une ville ne produit point de blé ; mais elle produit desvaleurs avec lesquelles elle achète du blé. Un village ne produit point dedrap ; mais il produit d’autres valeurs avec lesquelles il achète du drap.Ainsi, la ville d’un côté, la campagne de l’autre, auront des habitants enproportion des valeurs qu’elles auront produites. La ville, en outre, pourracontenir une partie des propriétaires fonciers, parce que leurs profits, nésdans la campagne, peuvent être transportés à la ville. Sauf ces explicationstrès simples, on peut dire que chaque localité a un nombre d’habitantsproportionné à ses produits 1 .

Toutes les fois que vous voudrez vous rendre raison du nombre consi-dérable d’habitants qui se rencontrent en certain lieu, ou que vous voudrezpressentir la population qu’un certain endroit est susceptible de nourrir,

, informez-vous des moyens de production qu’on y trouve.

Comme les hommes, en quittant la vie sauvage et la vie nomade, sebâtissent avant tout des logements , et que des maisons, quelles qu’ellessoient, sont des objets apparents, on peut, avec assez de certitude, jugerde la population d’un canton par le nombre des habitations qu’il présente,

’ Une erreur très commune chez les anciens économistes, c’est de dire queParis absorbe les produits des provinces, et ne leur Vend rien. Certes les gensde la campagne ne donnent pas leurs produits pour rien. Paris est une ville degrande manufacture et de grand commerce, et fournit beaucoup de choses auxprovinces.