DISTRIBUTION DES HABITANTS EN CHAQUE PAYS.
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production des clous, des planches que l’on fabrique dans d’autres villages,et qui, directement, ne peuvent pas nourrir non plus.
Mais, dira-t-on, une mousse qui n’est bonne qu’à brûler ne peut sup-porter les frais d’un long trajet, et ne saurait s’exporter dans d’autrescantons pour obtenir des vivres en échange. — Messieurs, celte mousseaugmentait les revenus du village de Tyrie, même en ne s’exportant pas.
En effet, on ne peut nulle part se passer de combustible. Les habitantsde Tyrie, avant qu’ils en eussent chez eux, devaient s’en procurer pourapprêter leurs aliments, pour résister aux rigueurs de l’hiver, pour exercerquelques arts enfin. Ce combustible, ils étaient forcés de le faire venird’une distance plus ou moins grande, après l’avoir payé plus ou moinscher. Mais, quand le nouveau chauffage a été découvert, non-seulementles anciens habitants ont vu s’augmenter leurs revenus de toute la sommequ’ils ont payée de moins pour leur combustible; mais tous ceux qui sontnés ou qui sont venus s’établir à Tyrie se sont trouvés avoir sur leursmoyens de production, quels qu’ils fussent, terres, capitaux ou industrie,un excédant d’autant plus fort qu’ils avaient moins à dépenser en combus-tible, ce qui équivaut à une augmentation directe de revenu, de moyensd’existence, de population.
Cette observation a ses analogues dans les grands Etats comme dans lespetits villages. Si nous consommons en France, chaque année, pour 80millions de francs en sucre, et si, par une amélioration dans les procédésdu commerce, par un tarif de droits plus modéré et la diminution de fraisqui en résultera, nous obtenons la même quantité de sucre pour un quartmoins de dépense, c’est-à-dire pour 60 millions de francs, nous n’auronspas moins de sucre à consommer, ni sous ce rapport moins de moyensd’exister; mais nos revenus se trouveront augmentés des 20 millions quenous aurons dépensés de moins en sucre; et celte augmentation de revenupouvant être appliquée à des objets quelconques de consommation, en-traînera une augmentation équivalente dans la population. Parla mêmeraison une augmentation dans le prix du sucre produirait un effet con-traire et causerait, si elle était permanente, toutes choses d’ailleurs égales,une diminution de population en France.
En effet, si la France est entraînée à une dépense en sucre plus forted’un million seulement, sans avoir plus de sucre, la France a un million demoins à donner à ses autres consommations ; ses revenus sont diminuésd’un million, et sa population suit ses revenus.
Toutes les économies que l’on parvient à faire sur les frais de produc-