Band 
Tome II.
Seite
195
JPEG-Download
 

DE LA COLONISATION.

195

réussisent pas. Je connais des peuples dont la bravoure est reconnuemême par leurs ennemis, dont les talents excitent l’envie de leurs rivaux,et où les vertus ne sont pas moins'communes que chez quelque peupleque ce soit, et qui n’ont presque jamais réussi à former des établissementscoloniaux, à moins que leur gouvernement ne s’en soit mêlé pour acheverde les perdre.

Nul peuple n’y est plus propre que les Américains des États-Unis : ilssont élevés dans l’art des colonisations, et, dans l’Amérique du nord, leshabitants des contrées atlantiques peuplent le bassin du Mississipi de leursétablissements ’. Leur prospérité a été si rapide, qu’ils ont senti la néces-sité de se répandre, avant d’avoir pu oublier les traditions et les habi-tudes qui font réussir de nouveaux colons.

Il faut se garder de fonder le succès d’une colonie sur un ordre de chosesvicieux en soi, contraire aux intérêts et au bien-être d’un grand nombred’hommes, et que les progrès de l’espèce humaine doivent repousser tôt oulard, tel que l’esclavage.

Si quelque chose pouvait faire douter du succès définitif et de la pros-périté future des États du sud de l’Union américaine, du Brésil et dequelques autres, c’est l’esclavage des nègres; si ces nations veulent seconsolider, elles doivent aspirer à l’abolir graduellement.

1 Les Américains des États-Unis ont un avantage tout particulier lorsqu’ilsvont fonder des colonies sur les bords du Mississipi, c’est qu’ils n’abandonnentpas pour cela leur patrie. A proprement parler ils ne fondent pas même descolonies, mais agrandissent leur propre pays. Des cantons où des émigrants ontmis des terres nouvelles en culture forment un Territoire dépendant de l’u-nion américaine, et lorsque ce territoire devient suffisamment peuplé, il estadmis dans la confédération au rang A'Êlal et envoie alors des députés au Con-grès. (Note de l’éditeur.)