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Tome II.
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DES BUDGETS.

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rjuée à une autre ; et même si le ministre qui en a ordonnance le paiementn’avait pas des moyens d’arriver au même but à moins de frais. Mais quine voit que, dans une aussi vaste machine que les finances d’une grandenation, une semblable surveillance est impraticable? D’ailleurs si c’était lemême prince qui nommât le surveillant et le surveillé, le contrôle devien-drait illusoire. Puisqu’il doit se trouver nécessairement une assez grandelatitude dans le choix des dépenses qu’il convient de faire et dans la sommequ’il convient d’y employer, c’est dans la constitution politique seule qu’ilfaudrait trouver des moyens pour que les ordonnateurs des dépensesfussent toujours dignes de la confiance des contribuables. La liberté de lapresse et l’impression des comptes seraient déjà de très grands moyensd’économie.

Jusque-là, tout ce qu’on peut désirer, c’est que les articles de dépensessoient assez détaillés pour que le législateur ait l’assurance que les prin-cipaux besoins de l’Étal seront satisfaits, et que l’argent du public 11 e serapas employé contre le vœu des représentants du public. Vous sentez, eneffet, messieurs, que si les personnes chargées d’administrer les biens del’État peuvent appliquer à une dépense les fonds destinés pour une autre,ce ne sont plus les représentants de la nation qui votent la dépense : voterune dépense, c’est décider que l’avantage que l’État doit en tirer est assezgrand pour balancer le sacrifice quelle occasionne. Si l’on peut se per-mettre de remplacer un avantage par un autre, la décision devient illusoire.C’est en mettant sous les yeux du législateur les besoins de l’État, articlepar article, qu’on le fait consentir a sacrifier annuellement une certainesomme qu’il n’aurait nullement donnée s’il eût prévu qu’elle dût être ap-pliquée à toute autre fin. Les mauvaises administrations ont leurs raisonspour vouloir la nou-spécialité ; elle est synonyme de l’arbitraire. Avec letableau des besoins nombreux de l’État ou obtient uu milliard, et avec lanon-spécialité 011 en fait ce qu’on veut 1 .

' Uin statisticien anglais, M. Joseph Lovve, a donné le tableau suivant de lapopulation, des charges et du quantum, payé par tête, en 1822, dans les princi-paux États de l’Europe. Cela peut servir de preuve à l’observation que je faisdans le texte. 11 convient cependant de remarquer que le quantum par tète netient p>as compte des décharges qui ont lieu en faveur des ordres privilégiés (lesnobles; et les prêtres), et qui retombent nécessairement sur les classes non pri-vilégiées.

I.’auiteur anglais exprime les sommes en livres sterling; pour la commodité