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Tome II.
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NEUVIÈME PARTIE.

de valeur, autant de profits que le produit le plus élaboré. De quoi se com-pose, en effet, la valeur d’un produit, quel qu’il soit? de scs frais de pro-duction. Or, les frais de production d’une matière première, comme d’unproduit achevé, sont composés d’un profit foncier payé à l’un des proprié-taires du sol,d’un intérêt gagné parmi capitaliste quelconque, et du sa-laire reçu par les industrieux de tous grades dont les travaux ont concouruà leur production, à commencer par l'entrepreneur qui en a conçu l’idée,jusqu’au dernier manouvrier dont il s’est fait aider. Lors donc que nousvendons à l’étranger une matière première de cent francs et un produitélaboré delà même somme, nous leur vendons pour une valeur pareille deservices productifs rendus par 110s terres, nos capitaux et notre industrie.

On voit qu’un gouvernement peut coûter trop cher à proportion desservices qu’il rend à une nation, soit par des dépenses trop fortes, soit parson incapacité et ses fausses mesures. Ce qui a servi de fondement à uneproposition qui n’est peut-être pas paradoxale, lorsqu’on a dit qu’un gou-vernement est d’autant plus mauvais qu’il coule plus cher. En effet, pourlever de gros impôts, il faut avoir des agents nombreux qui, 11e produi-sant pas, 11e peuvent servir qu’à gêner les mouvements des hommes quiproduisent. Vingt mille douaniers qui veillent à ce que telle ou telle mar-chandise ne passe pas d’un lieu dans un autre ', et vingt mille commis descontributions indirectes, sans lesquels il n’est permis ni de faire la ven-dange, ni de distiller de l’eau-de-vie, ni de brasser de la bière, entraventles opérations productives et paralysent l’activité bienfaisante des pro-ducteurs. Le dernier quart du XVIII e siècle a enfanté une grande répu-blique, qui est une réponse vivante, toujours prêle à confondre les dé-tracteurs de l’économie. Dans quel pays est-on mieux gouverné, c’est-à-dire peu gouverné et à meilleur marché qu’aux États-Unis?

Un des systèmes qui coûtent le plus aux nations est celui que leur gou-vernement suit à l’égard de ses colonies. Les nôtres nous coûtent chaque

’ On a reconnu l’avantage qu’il y avait pour deux provinces (telles que la Bre-tagne et la Normandie) à renverser les barrières, les frontières artificielles qiiles séparaient. Un progrès reste à faire ; e’est de renverser les barrières qui sé-parent les Etats, en prenant les précautions et en admettant les lenteurs néces-saires pour ne point léser les intérêts particuliers. Alors tous les États y gagne-ront, de même que nos provinces ont gagné à communiquer librement l’une avecl’autre.