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Tome II.
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HISTOIRE ABRÉGÉE DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE.

netleté de ses pensées, a montré les importantes relations qui lient l’éco-nomie politique aux opérations de l’entendement et aux lois de la morale.

M. Joseph Droz a publié, dans ces dernières années, une Économie poli-tique dont le but est de donner aux principales vérités de celte sciencel’attrait qui peut résulter du sujet et du style. Grâce à lui, les gens dumonde ont vu qu’ils pouvaient puiser de solides principes dans une lectureagréable. Si la diversité des opinions a quelquefois excité des doutes chezquelques esprits trop paresseux pour se livrer à aucun examen, M. Drozleur fait remarquer fort à propos qu’il est impossible qu’il n’y ait pas plu-sieurs opinions sur tous les sujets, « puisqu’il y aura toujours des esprits« justes et des esprits faux. Les premiers sont les seuls dont les’débats« seraient inquiétants; mais ils s’entendent sur les poinls^fondamentaux,« ils arrivent aux mômes résultats pratiques. Vouloir davantage, ce se-« rail oublier que la liberté de penser exclut l’identité absolue des opi-« nions, et que celte identité ne saurait se concilier avec les recherches« qu’exige l’avancement des sciences ‘. »

Les divisions d’opinions viennent presque toujours d’une analyse incom-plète des faits qui sont le fondement de la science. Lorsque tous ceux quise mêlent d’en parler les auront sérieusement étudiés, il y aura parmi lespersonnes de bonne foi beaucoup moins de dissentiments qu’on ne sup-pose. Le mal est qu’on veut être créateur, et, en conséquence, on se formeune opinion à priori. Or, une telle opinion n’est qu’un système, une purehypothèse. Elle ne devient un principe que lorsqu’on a complètementanalysé et connu les faits, et qu’on en tire des conséquences rigoureuses.

Les écrits des économistes n’ont pas toujours été faits dans des vuesentièrement désintéressées. Ils ont trop souvent été inspirés par la pro-fession qu’on exerçait, par la place qu’on occupait, ou par celle où l’onvoulait parvenir. C’est ainsi qu’on s’est occupé de la science, non pourchercher des vérités, mais pour soutenir une thèse. Quand on veut exercerune grande influence, il faut faire preuve d’une grande indépendance decaractère; car l’expérience a prouvé trop souvent que l’indépendance defortune n’offre pas une garantie suffisante.

Il ne faut pas qu’on s’imagine que l’économie politique, telle qu’elle estactuellement comprise par les bons esprits, soit précisément ce qu’on en-tendait par ce nom, même dans le temps où Smith écrivait. On s’en forme

’ Economie politique, ou Principes de la Science des richesses, par M. JosephDroz, de l’Académie Française; vol, iu-8°. pagexiv.