LIVRE PREMIER.
103
de l’atmosphère, cependant les rayons quelle nous renvoie, venantd’une plus grande profondeur à l’horizon qu’au zénith, nous de-vons la juger plus étendue dans le premier sens. A cette causese joint encore l’interposition des objets à l’horizon, qui contribueà augmenter la distance apparente de la partie du ciel que nousrapportons au delà ; le ciel doit donc nous paraître surbaissé telque la calotte d’une sphère. Un astre élevé d’environ vingt-sixdegrés semble diviser en deux parties égales la longueur de lacourbe que forme depuis l’horizon jusqu’au zénith la section dela surface du ciel par un plan vertical; d’où il suit que, si cettecourbe est un arc de cercle, le rayon horizontal de la voûte célesteapparente est à son rayon vertical à peu près comme trois et unquart est à l’unité ; mais ce rapport varie avec les causes de cetteillusion. Les grandeurs apparentes du soleil et de la lune étant pro-portionnelles aux angles sous lesquels on les aperçoit, et à la dis-tance apparente du point du ciel auquel on les rapporte, ils nousparaissent plus grands à l’horizon qu’au zénith, quoiqu’ils y soientvus sous un plus petit angle.
Les rayons lumineux ne se meuvent pas en ligne droite dansl’atmosphère ; ils s’infléchissent continuellement vers la terre.L’observateur, qui n’aperçoit les objets que dans la direction dela tangente à la courbe qu’ils décrivent, les voit plus élevés qu’ilsne le sont réellement, et les astres paraissent sur l’horizon alorsmême qu’ils sont abaissés au-dessous. En infléchissant les rayonsdu soleil, l’atmosphère nous fait ainsi jouir plus longtemps de saprésence, et augmente la durée du jour, que prolongent encorel’aurore et le crépuscule. Il importait extrêmement aux astronomesde connaître les lois et la quantité de la réfraction de la lumièredans notre atmosphère, pour avoir la vraie position des astres.Mais, avant de présenter le résultat de leurs recherches sur cetobjet, je vais exposer en peu de mots les principales propriétés dela lumière.