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E1VRE DEUXIÈME.
Jupiter, beaucoup plus gros quelle, se meut sur son axe eu moinsd’un demi-jour : un observateur, à sa surface, verrait le ciel tournerautour de lui dans cet intervalle; ce mouvement du ciel ne seraitcependant qu’une apparence. X est-il pas naturel de penser qu’ilen est de même de celui que nous observons sur la terre? Ce quiconfirme d’une manière frappante cette analogie, c’est que la terre,ainsi que Jupiter, est aplatie cà ses pôles. On conçoit, en effet,que la force centrifuge, qui tend à écarter toutes les parties d’uncorps de son axe de rotation a dû abaisser la terre aux pôles etl’élever «à l’équateur. Cette force doit encore diminuer la pesanteurà l’équateur terrestre, et cette diminution est constante par lesobservations du pendule. Tout nous porte donc à penser que laterre a un mouvement de rotation sur elle-même, et cpie la révo-lution diurne du ciel n’est qu’une illusion produite par ce mou-vement, illusion semblable à celle qui nous représente le cielcomme une voûte bleue à laquelle tous les astres sont attachés,et la surface de la terre comme un plan sur lequel il s’appuie.Ainsi l’astronomie s’est élevée à travers les illusions des sens, et cen’a été qu’après les avoir dissipées par un grand nombre d’obser-vations et de calculs que l’homme enfin a reconnu les mouvementsdu globe qu’il habite et sa vraie position dans l’univers.