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Tome sixième.
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LIVRE TROISIÈME.

possible qu’il y ait des différences essentielles dans la naturemême de ces molécules; et il ne répugne point au peu de notionsque nous avons de la matière, de supposer l’espace céleste pleind’un fluide dénué de pores, et cependant tel qu’il n’oppose qu’unerésistance insensible aux mouvements planétaires. On pourraitainsi concilier l’inaltérabilité de ces mouvements, prouvée par lesphénomènes, avec l’opinion de ceux qui regardent le vide commeimpossible. Mais cela est indifférent à la mécanique, qui ne consi-dère dans les corps que l’étendue et le mouvement. On peut alors,sans craindre aucune erreur, admettre l’homogénéité des élémentsde la matière, pourvu que l’on entende par masses égales, desmasses qui, animées de vitesses égales et directement contraires,se lont équilibre.

Dans la théorie de l’équilibre et du mouvement des corps, onlait abstraction du nombre et de la figure des pores dont ils sontparsemés. On peut avoir égard à la différence de leurs densitésrespectives, en les supposant formés de points matériels plus oumoins denses, parfaitement libres dans les fluides, unis entreeux par des droites sans masse, inflexibles dans les corps durs,flexibles et extensibles dans les corps élastiques et mous. 11 estclair que, dans ces suppositions, les corps offriraient les appa-. rences qu’ils nous présentent.

Les conditions de l’équilibre d’un système de corps peuventtoujours être déterminées par la loi de la composition des forces,exposée dans le premier chapitre de ce livre. Car on peut conce-voir la force dont chaque point matériel est animé, appliquée aupoint de sa direction où vont concourir les forces qui la détrui-sent, ou qui, en se composant avec elle, forment une résultantequi, dans le cas de l’équilibre, est anéantie par les points fixesdu système. Considérons, par exemple, deux points matériels at-tachés aux extrémités d’un levier inflexible, et supposons cespoints sollicités par des forces dont les directions soient dans un