LIVRE QUATRIÈME. 219
par conséquent ils sont doués d’une force attractive proportion-nelle aux masses et réciproque au carré des distances. Par le mêmeprincipe, les satellites attirent les planètes et le soleil, suivant lamême loi ; cette propriété attractive est donc commune à tous lescorps célestes.
Elle ne trouble point le mouvement elliptique d’une planèteautour du soleil, lorsque l’on ne considère que leur actionmutuelle. En effet, le mouvement relatif des corps d’un systèmene change point quand on leur donne une vitesse commune; enimprimant donc en sens contraire, au soleil et à la planète, lemouvement du premier de ces deux corps, et l’action qu’il éprouvede la part du second, le soleil pourra être regardé comme immo-bile; mais alors la planète sera sollicitée \ers lui par une forceréciproque au carré des distances, et proportionnelle à la sommede leurs masses; son mouvement autour du soleil sera donc ellip-tique, et l’on voit par le même raisonnement qu’il le serait encore,en supposant le système de la planète et du soleil emporté d’unmouvement commun dans l’espace. Il est pareillement visible quele mouvement elliptique d’un satellite n’est point troublé par lemouvement de translation de sa planète, et qu’il ne le serait pointpar l’action du soleil, si cette action était exactement la même surla planète et sur le satellite.
Cependant, l’action d’une planète sur le soleil influe sur ladurée de sa révolution, qui devient plus courte quand la planèteest plus considérable; en sorte que le rapport du cube du grandaxe de l’orbite, au carré du temps de la révolution, est propor-tionnel à la somme des masses du soleil et de la planète. Maispuisque ce rapport est à très-peu près le même pour toutes lesplanètes, leurs masses doivent être fort petites eu égard à celle dusoleil; ce qui est également vrai pour les satellites comparés àleur planète principale : c’est ce que confirment les volumes deces différents corps.
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