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Tome sixième.
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LIVRE QUATRIÈME.

d’atmosphère qui puisse opposer une résistance sensible au mou-vement des projectiles, on conçoit qu’un corps lancé avec unegrande force par l’explosion d’un volcan lunaire peut atteindreet dépasser la limite où l’attraction de la terre commence à l’em-porter sur l’attraction de la lune. Il suffit pour cela que sa vitesseinitiale, suivant la verticale, soit de 2 5oo mètres par seconde.Alors au lieu de retomber sur la lune, il devient un satellite de laterre et décrit autour d’elle une orbite plus ou moins allongée.Son impulsion primitive peut être tellement dirigée qu’il aillerencontrer directement l’atmosphère terrestre : il peut aussi nel’atteindre qu’après plusieurs et même un très-grand nombre derévolutions; car il est visible que l’action du soleil, qui changed’une manière très-sensible les distances de la lune à la terre,doit produire dans le rayon vecteur d’un satellite, mû dans unorbe fort excentrique, des variations beaucoup plus considérables,et peut diminuer à la longue la distance périgée du satellite, ensorte qu’il pénètre dans notre atmosphère. Ce corps, en la traver-sant avec une grande vitesse, éprouverait une très-forte résis-tance et finirait bientôt par se précipiter sur la terre : le frotte-ment de l’air contre sa surface suffirait pour l’enflammer et lefaire détoner, s’il renfermait des matières propres à ces effets, etalors il nous offrirait tous les phénomènes que présentent lesaérolithes. S’il était bien prouvé qu’ils ne sont point des produitsdes volcans ou de l’atmosphère, et qu’il faut en chercher la causeau delà, dans l’espace céleste, l’hypothèse précédente, qui d’ailleursexplique l’identité de composition observée dans les aérolithespar celle de leur origine, ne serait point destituée de vraisem-blance.

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