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Tome sixième.
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EXPOSITION DU SYSTÈME DU MONDE.

d’autant plus étendue que la mer est moins profonde. Ainsi devastes continents ont pu sortir de l’Océan sans de grands change-ments dans la figure du sphéroïde terrestre. La propriété dontjouit cette figure, de différer peu de celle que prendrait sa sur-face en devenant fluide, exige que l’abaissement du niveau de lamer n’ait été qu’une petite fraction de la différence des deux axesdu pôle et de l’équateur. Toute hypothèse fondée sur un dépla-cement considérable des pôles à la surface de la terre doit êtrerejetée, comme incompatible avec la propriété dont je viens deparler. On avait imaginé ce déplacement pour expliquer l’existencedes éléphants dont on trouve les ossements fossiles en si grandeabondance dans les climats du nord, où les éléphants actuels nepourraient pas vivre. Mais un éléphant, que l’on suppose avecvraisemblance contemporain du dernier cataclysme, et que l’ona trouvé dans une masse de glace, bien conservé avec ses chairsel dont la peau était recouverte d’une grande quantité de poils,a prouvé que cette espèce d’éléphants était garantie par ce moyendu froid des climats septentrionaux, quelle pouvait habiter etmême rechercher. La découverte de cet animal a donc confirméce que la théorie mathématique de la terre nous apprend, savoirque dans les révolutions qui ont changé la surface de la terre etdétruit plusieurs espèces d’animaux et de végétaux, la figure dusphéroïde terrestre, et la position de son axe de rotation sur sasurface n’ont subi que de légères variations.

Maintenant, quelle est la cause qui a donné aux couches dusphéroïde terrestre des formes à très-peu près elliptiques et dedensités croissantes de la surface au centre; qui les a disposéesrégulièrement autour de leur centre commun de gravité, et qui arendu sa surface très-peu différente de celle quelle eût prise, sielle avait été primitivement fluide ? Si les diverses substances quicomposent la terre ont eu primitivement, par l’effet d’une grandechaleur, l’état fluide, les plus denses ont dû se porter vers le