Band 
Tome sixième.
Seite
309
JPEG-Download
 

LIVRE QUATRIÈME.

309

CHAPITRE X.

DES ATMOSPHÈRES DES CORPS CÉf.ESTES.

Un fluide rare, transparent, compressible et élastique, quienvironne un corps en s’appuyant sur lui, est ce que l’on nommeson atmosphère. Nous concevons autour de chaque corps célesteune pareille atmosphère dont l’existence, vraisemblable pourtous, est, relativement au soleil et à Jupiter, indiquée par lesobservations. A mesure que le fluide atmosphérique s’élève au-dessus du corps, il devient plus rare, en vertu de son ressort, quile dilate d’autant plus qu’il est moins comprimé ; mais si lesparties de sa surface extérieure étaient élastiques, il s’étendraitsans cesse et finirait par se dissiper dans l’espace; il est doncnécessaire que le ressort du fluide atmosphérique diminue dansun plus grand rapport que le poids qui le comprime, et qu’ilexiste un état de rareté dans lequel ce fluide soit sans ressort.C’est dans cet état qu’il doit être à la surface de l’atmosphère.

Toutes les couches atmosphériques doivent prendre, à lalongue, un même mouvement angulaire de rotation, commun aucorps qu’elles environnent ; car le frottement de ces couches lesunes contre les autres et contre la surface du corps doit accé-lérer les mouvements les plus lents, et retarder les plus rapides,jusqu’à ce qu’il y ait entre eux une parfaite égalité. Dans ceschangements et généralement dans tous ceux que l’atmosphèreéprouve, la somme des produits des molécules du corps et de sonatmosphère, multipliées respectivement par les aires que décriventautour de leur centre commun de gravité leurs rayons vecteursprojetés sur le plan de l’équateur, reste toujours la même, en temps