LIVRE QUATRIÈME. 353
a rendu ces mouvements rigoureusement égaux; et de même qu’unpendule, écarté par une très-petite force de la verticale, y revientsans cesse en faisant, de chaque côté, de petites oscillations ; ainsi,le grand axe du sphéroïde lunaire doit osciller de chaque côté durayon vecteur moyen de son orbite. De là résulte un mouvementde libration, dont l’étendue dépend de la différence primitive desdeux mouvements angulaires de rotation et de révolution de lalune. Cette libration est très-petite, puisque les observations nel’ont point fait reconnaître.
ün voit donc que la théorie de la pesanteur explique, d’unemanière satisfaisante, l’égalité rigoureuse des deux moyens mou-vements angulaires de rotation et de révolution de la lune. Il seraitcontre toute vraisemblance de supposer qu’à l’origine ces deuxmouvements ont été parfaitement égaux; mais, pour l’explicationde ce phénomène, il sulïit que leur différence primitive ait ététrès-petite, et alors l’attraction de la terre a établi la parfaite éga-lité que l’on observe.
Le moyen mouvement de la lune étant assujetti à de grandesinégalités séculaires qui s’élèvent à plusieurs circonférences, il estclair que, si son moyen mouvement de rotation était parfaitementuniforme, ce satellite, en vertu de ces inégalités, découvriraitsuccessivement à la terre tous les points de sa surface ; son disqueapparent changerait, par des nuances insensibles, à mesure queces inégalités se développeraient : les mêmes observateurs le ver-raient toujours à très-peu près le même, et il ne paraîtrait sensi-blement différer qu’à des observateurs séparés par l’intervalle deplusieurs siècles. Mais la cause qui a établi une parfaite égalitéentre les moyens mouvements de rotation et de révolution de lalune ôte pour jamais aux habitants de la terre l’espoir de décou-vrir les parties de sa surface opposée à l’hémisphère quelle nousprésente. L’attraction terrestre, en ramenant sans cesse vers nousle grand axe de la lune, fait participer son mouvement de rotation
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TOME VI.