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LIVRE CINQUIÈME.
sphère étroite qui l’avait renfermée jusqu’alors, s’éleva, par desprogrès rapides et continus, à la hauteur où nous la voyons. Pur-hach, Regiomontanus et Walterus préparèrent ces beaux joursde la science, et Copernic les fit naître par l’explication heureusedes phénomènes célestes, au moyen des mouvements de la terresur elle-même et autour du soleil. Choqué, comme Alphonse, del’extrême complication du système de Ptolémée , il chercha dansles anciens philosophes une disposition plus simple de l’univers;il reconnut que plusieurs d’entre eux avaient mis Vénus et Mer-cure en mouvement autour du soleil; que Nicétas, suivant le rap-port de Cicéron , faisait tourner la terre sur son axe, et, par cemoyen, affranchissait la sphère céleste de l’inconcevable vitessequ’il fallait lui supposer pour accomplir sa révolution diurne.Aristote et Plutarque lui apprirent que les Pythagoriciens faisaientmouvoir la terre et les planètes autour du soleil, quils plaçaientau centre du monde. Ces idées lumineuses le frappèrent : il lesappliqua aux observations astronomiques que le temps avait mul-tipliées; et il eut la satisfaction de les voir se plier sans effort à lathéorie du mouvement de la terre. La révolution diurne du cielne fut qu’une illusion due à la rotation de la terre, et la précessiondes équinoxes se réduisit à un mouvement dans l’axe terrestre.Les cercles imaginés par Ptolémée pour expliquer les mouve-ments directs et rétrogrades des planètes, disparurent : Copernic ne vit, dans ces singuliers phénomènes, que des apparences pro-duites par la combinaison du mouvement de la terre autour dusoleil avec celui des planètes; et il en conclut les dimensions res-pectives de leurs orbes, jusqu’alors ignorées. Enfin, tout annonçaitdans ce système cette belle simplicité qui nous charme dans lesmoyens de la nature, quand nous sommes assez heureux pour lesconnaître. Copernic le publia dans son ouvrage sur les Révolutionscélestes: pour ne pas révolter les préjugés reçus, il le présentacomme une hypothèse. «Les astronomes, dit-il dans sa dédicace
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TOME VI.