ti'àk EXPOSITION DU SYSTÈME DE MONDE.
les vérités qu’il a lait éclore; mais il restera comme monumentde la profondeur du génie qui nous a révélé la plus grande loi del’univers.
Cet ouvrage et le traité non moins original du même auteursur l’optique réunissent au mérite des découvertes, celui d’êtreles meilleurs modèles que l’on puisse se proposer dans les sciences,et dans l’art délicat de faire des expériences et de les assujettir aucalcul. On y voit les plus heureuses applications de la méthodequi consiste à s’élever, par une suite d’inductions, des phéno-mènes aux causes, et à redescendre ensuite de ces causes à tousles détails des phénomènes.
Les lois générales sont empreintes dans tous les cas particu-liers; mais elles y sont compliquées de tant de circonstances étran-gères, que la plus grande adresse est souvent nécessaire pour lesdécouvrir. Il laut choisir ou laire naître les phénomènes les pluspropres à cet objet, les multiplier en variant leurs circonstances,et observer ce qu’ils ont de commun entre eux. Ainsi, l’on s’élèvesuccessivement à des rapports de plus en plus étendus, et l’onparvient enfin aux lois générales que l’on vérifie, soit par despreuves ou par des expériences directes, lorsque cela est pos-sible, soit en examinant si elles satislont à tous les phénomènesconnus.
Telle est la méthode la plus sure qui puisse nous guider dansla recherche de la vérité. Aucun philosophe n’a été, plus queNewton, fidèle à cette méthode : aucun n’a possédé à un plus hautpoint ce tact heureux qui, faisant discerner dans les objets lesprincipes généraux qu’ils recèlent, constitue le véritable génie dessciences; tact qui lui fit reconnaître, dans la chute d’un corps, leprincipe delà pesanteur universelle. Les savants anglais , ses con-temporains, adoptèrent, à son exemple, la méthode des inductions,qui devint alors la base d’un grand nombre d’excellents ouvragessur la physique et sur l’analyse. Les philosophes de l’antiquité,