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Tome septième.
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VI

INTRODUCTION.

De la probabilité.

Tous les événements, ceux mêmes qui par leur petitesse sem-blent ne pas tenir aux grandes lois de la nature, en sont une suiteaussi nécessaire que les révolutions du soleil. Dans l’ignorancedes liens qui les unissent au système entier de l’univers, on les afait dépendre des causes finales, ou du hasard, suivant qu’ils ar-rivaient et se succédaient avec régularité, ou sans ordre apparent;mais ces causes imaginaires ont été successivement reculées avecles bornes de nos connaissances, et disparaissent entièrement de-vant la saine philosophie, qui ne voit en elles que l’expression del’ignorance où nous sommes des véritables causes.

Les événements actuels ont avec les précédents une liaisonfondée sur le principe évident, qu’une chose ne peut pas com-mencer d’être, sans une cause qui la produise. Cet axiome, connusous le nom de principe de la raison suffisante, s’étend aux actionsmêmes que l’on juge indifférentes. La volonté la plus libre ne peut,sans un motif déterminant, leur donner naissance; car si, toutesles circonstances des deux positions étant exactement semblables,elle agissait dans l’une et s’abstenait d’agir dans l’autre, son choixserait un effet sans cause : elle serait alors, dit Leibnitz , le hasardaveugle des épicuriens. L’opinion contraire est une illusion del’esprit qui, perdant de vue les raisons fugitives du choix de lavolonté dans les choses indifférentes, se persuade qu’elle s’est dé-terminée d’elle-même et sans motifs.

Nous devons donc envisager l’état présent de l’univers commel’effet de son état antérieur, et comme la cause de celui qui vasuivre. Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtraittoutes les forces dont la nature est animée, et la situation respec-tive des êtres qui la composent, si d’ailleurs elle était assez vastepour soumettre ces données à l’analyse, embrasserait dans la mêmeformule les mouvements des plus grands corps de l’univers et