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Tome I.
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S U R t Á S U I S S E. 71

ne peuvent point porter, comme nos laquais deParis, des bas de foie ; mais ils charrgent plussouvent de bas de coton. Mais on a un cocher quia le ruban de livrée au colet, & au parement.

Le luxe est ici dans la quantité , & ailleurs dansla qualité des étoffes. Chacun n’a qu’une maisonbourgeoise, il est vrai : mais vaste , commode,propre le cuivre est très-reluisant, on a des ten-tures de damas & toutes les commodités duneAbbesse. L’hiver, les coteries ont le luxe desmodes , des coiffures, des dentelles. On n’a point \

d or, on n’en vend point à Baste ; mais on a undiamant de prix à son doigt ; on a des maisonsde campagne on se permet secrètement desorgies à la banlieue. On chasse : mais , danscette ville de liberté , ne croyez point que lePaysan ait le droit de chasser. Les femmes fonttrès-parées & savent tirer parti d’une belle che-velure & d’une belle taille. La coiffure deshommes est de la plus grande íimplicité. Onjoue petit jeu, & c’est la partie des loix som-ptuaires , qui soit la mieux observée , parce quedes négocians ont intérêt de maintenir leurcrédit, & un joueur ne va pas loin. Pourquoidonc des Voyageurs ont-ils vu différemment ?

C’est que le merveilleux prête aux tours ora-toires , bien plus que la vérité. Croyez que lesloix qui subsistent intactes, font celles qui font

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