no Lettres
armés l’observoicnt, le íuivoient, régloient seáétapes. Dans la guerre de 1712, on vit unearmée composée de soixante mille hommes ,dont quarante mille Bernois & vingt mille deZuric; il s’en falloit de beaucoup que ce fûtlà toute la milice de ces deux Cantons. LesCantons de Berne & de Zuric font affez richespour soudoyer, comme aujourd’hui à Genève,un régiment ; mais les autres Cantons s’y oppo-seroient, & Zuric s’y refuseroit, parce que desrégimens détruisent l’esprit républicain , & à lalongue les milices. Les Romains qui, depuis laprise des Veïes , stipendièrent des soldats, com-mencèrent à éteindre dans les légions l’esprit guer-rier & la flamme du Citoyen. Marius, le pre-mier , mêla avec des affranchis les légionnaires ,& apprit à Cardin a quelle pouvoit être la res-source d’un Conjuré.
Je vous dirai peu de choses fur les co-ré-gences, & les pays soumis, ou gouvernés parindivis. II me paroît singulier que des peupleslibres, en faisant des conquêtes n’aient pointdoublé le nombre des Citoyens , & que despréfets aillent gouverner des peuples conquispar des paysans libres. Comme ces Bailliagesrendent 20 — à 26,000 livres par an , il estclair qu’on maintiendra l’abus. 11 y a plus ; desalliés ont inutilement demandé l’admiísion à