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Tome I.
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Lettres

vous êtes curieuse:, vous irez chercher à l’Hôteí-de-Ville les portraits des Princes de la Maisond’Autriche ; il y en a un fait à la plume ; galan-terie assez commune dans ce tems-là , où l'on en-fermoir dans une bague, & où l'on écrivoit fur lalame d’un sabre, l’Office de la Vierge, & desOraisons particulières.

La petite ville d’Àrbon, d’où je vous écris,doit son commerce au voisinage du lac ; elle estsous la suzeraineté du Prince de Mersbourg ,& fous la protection des Cantons de Zuric &de Berne. Ces deux Cantons font de terriblesprotecteurs. 11 y a une foule de villes qu’ils pro-tègent. Puissent-elles s’en trouver bien! La Suisseest , comme vous le voyez , tantôt coupée parl’Empereur , par l'Empire, par des villes libres,ou par des alliées ; ce qui n est guere conce-vable. Ici le Gouvernement, & l’accord de tantde parties si disparates, tiennent de la magie dulieu, les choses vont, parce quelles vont toutesseules. On reste comme on étoit ; point de con-quêre , point de concédions , point d’échange»On aime mieux sortir de son terrein, traverses ,celui d’un voisin , pour rentrer de nouveau dansle sien, que de s’arrondir par des mutationsconvenables. Vous voyez que j’aime à dire.Puiffiez-vous avoir à me lire , la moitié du plaid*que j’aì à penser que vous me lirez.