i20 Lettres
une femme enceinte & se réchauffer dans sonventre.
Ne cherchez rien dans le Canton de Schwitz,fi vous n’avez point des notions préliminairesfur l'Histoire Naturelle. On y trouve des miné-raux , deS pétrifications , des marbres , des rubis,du spath, des bains froids, des eaux sulfureuses.
Je vais vous tenir parole &réunir dans le mêmetableau les Suisses & les Appenzellois. Dans cesdeux Cantons Fhabitant voyage peu. II ne faitrien, il vit avec ses égaux, & ne connoît qu’eux.Si vous voulez avoir une idée bien nette d'unpeuple pasteur, venez ,-vous verrez qu’ily a loinde ce trait à celui d’un peuple agriculteur. Le fol& les communes , lui donnent fans peine debeaux pâturages ; les monts’, des bois. Avec cesdeux biens il a des maisons & des troupeaux.La commune le dispense d'avoir des terres; illaisse errer son bétail, dans les herbages com-muns. II fe nourrit de lait ; fait du beurre . dufromage, éduque des chevaux. Dans ce travailil a de longs loisirs. Comme il boit du vin , desliqueurs fortes, qu’il fume prend du tabac,mange du sucre & râpe la noix muscade , le gé-rofle & la cannelle", il donne en échange feschevaux .& son bétail. La balance seroit pour l’Ap-penzell, car il a ses toiles, fi la main d’oéuvre étoitpayée. Elle ne peut jamais être pour Schwitz,