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QUINZIEME LETTRE.
Altdorff.
JuSQU’lCl je n’avois vu que le plat pays dela Suiíîe. J’avais fait le joli Voyage. Si j’avoisprévu ce qui m’attendoit, j’aurois laissé à d’au-tres l’honneur d’ouvrir des sentiers dans le seindes neiges. Ce que j’ai souffert est au-delà detoute expression. Je puis faire cet aveu & je neferai point démenti, quand j’aurai dit où j’enétois le 6 Octobre.
Ma voiture a pris la route superbe de Berne.’La Reuss baigne le parapet pendant plus de sixmilles ; une forêt l’obombre ; c’est un chemin defleurs que mes Compagnons de voyage parcou-roient. Moi, fur une nacelle, j’allois au gré detous les vents. Quatre rameurs qui rie m’enten-doient plus > me jlottoient. Du fromage vieux,une bouteille de vin blanc , un pain dans ruonpanier; voilà ma provision : celle d’un frèreServite n’est pas plus sobre, figurer vous lamine alongée de mon domestique , qui du po-tager de Vandœuvre (i) , fe trouve du pre-
(i) Yandœuvre en Champagne auprès de Troyes,