2§r Lettres
Périclès & le dernier de Demetriuis de Phalère ,ont porté la population à vingt-un mille habi-tans. Les Cantons helvétiques, par les mêmesprohibitions, n’ont jamais éprouvé d’heureusesvariations dans leurs dénombremens. Les Athé-niens , pour récompenser Miltiade , vainqueurà Marathon, le représentèrent à la tête de dixchefs, exhortant les soldats & donnant l’exemple.La tour élevée fur la principale rue d’Altdorff ,où font représentés les trois Libérateurs de laSuisse, jurant d’affranchir leur pays, renouvelleen effet le tableau de Miltiade (i).
La Suisse n’a point ces fêtes que les Grecs célè-broient aux Assemblées amphictioniques , oùtoutes les villes liguées déploy oient un luxe impo-sant de population & de richesse. Dans ces luttesguerrières on venoit chercher le vengeur de la
(i) Diodore de Sicile assure que les Grecs, aux Ther-mopyles , combattirent contre trois millions d’hommes.Hérodote ne manque pas fde trouver de l’exagération ; n’yen auroit-il pas chez les Historiens Suisses , & sur-tout à labataille de Morgarten ? A la bataille de Platée , les Lacé-demoniens avoient un grand avantage fur les Perses, en ccqu’ils croient armés de pied-en-cap ; aulieu que les Perses n’a-voient d'autres armes défensives que leurs boucliers. On apeint Thimothée tenant un filet, dans lequel les villesentroient d’elles-mêmes. Certe Fable est une ironie adroitecontre les Historiens, qui ajoutent foi à des prodiges in-croyables.