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Tome I.
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perdit, comme elle perd les Monarques & íesRépubliques ; elle rendra les Cantons populaires,plus turbulens & plus inquiets. Je fuis bien éloi-gné d’attaquer cette Loi de destitution , quien Suisse fait trembler les Magistrats. Je faisque ce rapprochement que l’Helvétie a avec lesGrecs, est une fauve-garde. L’Ostracifme pré-vint des violences fans nombre dans Athènes;il eut même des effets heureux dans les Monar-chies , où la déposition d’un Ministre est sou-vent agréable au peuple. Cette Loi fameuse afait l’admiration de Montesquieu & des plusgrands politiques (1).

Les Grecs furent unis , tant qu ils craignirentun ennemi commun. La Suisse n’a pas d’autresmotifs dans fa fédération. Je parlerai chemin fai-sant des brigues qui agitent en général toutesles Démocraties : vous avez vu, dans mes

(1) Le bannissement est commun dans la Suisse ; mais ilne répond point à ^Ostracisme des Grecs. L’Ostracifme,que les uns attribuent à Clisthène, d’autres à‘ Thesée , futcn usage dans tputes les villes démocratiques de la Grèce,& dans les Colonies sorties de ces Métropoles. AthènesbannilToit pour dix ans , Syracuse pour cinq. Le bannisse-ment ne flétrissoit point, on conservoit le droit de Citoyen ,& on pouvoir le reprendre à l’expiration du ban. Dans le?Républiques modernes le bannistement flétrit, parce qu’oria moins besoin de sujets, que dans les anciennes villes oùla population manquoit.