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Tome I.
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l§6 L È T if R Ê s

entr’elle & les Combattans. Si le Voyageufpassoit en revue, pendant qu’il écrit, toutes lesNations & tous les íiècles, il s’échaufferoit moinsdevant des nouveautés qui lui paroîtroientvieilles , & il trouveroit dans l’antiquité qu’ilaccuse, le modèle de l’institution renouvelée qu’ilexalte. II me seroit si aisé d’opposer sans relâ-che à un avantage démocratique, un exemple tirédes Monarchies ou des Oligarchies , que vousferiez obligée d’en conclure, que les bons creu-sets ne manquent nulle part ; ce qui nous atoujours manqué, ce font d’habiles fondeurs.Ou Démocrates ou Rois, aucun n’a su modérerson feu , & aucun n’est resté au-dessous dupouvoir.

La population de la partie Catholique a , dit-on, diminué, tandis que celle des Réformés s’estaccrue. Cette observation m’avoit déjà frappé ,& j’avoue que je ne puis la résoudre. Avecdes déclamations je croirois y être parvenu ; &dans le vrai vous auriez des mots vuides desens. Tous les Cantons Catholiques font moinsindustrieux , moins riches, moins peuplés ,& occupent le terrein le plus ingrat de laSuisse. Pourquoi le pauvre est-il resté Catho-lique , & l’habitant du beau pays s’est-ìl faitProtestant ? Quelles font les circonstances quiont pu produire cette inégalité? Pourquoi les