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le punir ou pour le prévenir. Le Corps socialn’a pas des entrailles maternelles. II retire duprécipice celui qui est tombé, mais il ne l’em-pêche pas d’y tomber. II se contente d’éleverun épouvantail pour éloigner l’homme inconsi-déré. Cet épouvantail; c’est la Loi; toujourstrop tardive. Avant quelle ait aboli la tor-ture, il a fallu que le nombre des victimes in-nocentes de ce suplice, en ait fait sentir lacruauté & rinsuffisance. Si la Suisse n’a pas pro-duit un grand nombre de malfaicteurs, si Inexé-cution de la torture , lui a fait fermer les yeuxfur son injustice ; elle a pu la regarder avecune forte d’indifférence&la laisser établie. Toutesles fois que je vois un peuple , bâtir de vastesprisons , je dis, c’est qu’il y a beaucoup de sujetsgangrénés : quand je vois ces prisons renduescommodes, je dis, c’est quelles ne font pas en-tièrement destinées à la populace , & il s’enfaut bien que j’estime ce Peuple, qui dans lafaçade de ses prisons , tn’offre le frontispice d’ïinPalais. Les Romains n’ouvroient à Rome degrands Cirques, que parce que l’immensité des,habitans l’exigeoit. Ainsi quand je vois en Suissedes prisons étroites & la torture; je dis, c’estqu’on renferme & qu’on gehesnne un petit nom-bre de Citoyens. Je compare alors ces prisons,à celles de nos Châtellenies, qui la plupart ne