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bleau aussi imposant. Le Glacier, dans fa hau-teur, peut avoir une lieue, une demie dansfa plus grande largeur, & un mille dans sonplateau, là où le Rhône fort en petites on-dées , par une large bouche, qui tous les ansse déplace.
II est si-tôt nuit, dans le mois d’Octobre > aufond de ces profondes vallées ! En vain monGuide m’avertiíîoit que le chemin étoit périlleux,j’ai voulu jouir de toute la lumière & du lugubrereflet du crépuscule. Jamais vous n’aurez uneidée de mort & de pâleur, semblable à celleque présente le blanc pâle & miroité du cristalterne & neigé. II me sembloit voir des monceauxde cercueils, revêtus de ce drap blanc, symboledu jeune âge, & de sa floraison passée. Oh ! qu’onest triste , à l’aspect d’un glacier que les ombresveulent noircir ! Que le silence est pénible I N’yvenez pas, ô vous, qui avez déjà des amis àregretter, & qui, dans l’absence, craignez pourdes jours précieux : n’y venez pas ; tout est mortici à l’heure qu’il est.
J’ai continué ma marche dans le bas de lavallée ; le Rhône me traçoit la route ; &, grâcesà mes bottes, je pouvois braver l’eau : maismon Guide m’obligeoit souvent à remonter &à suivre , sur le granit , des voies glissantes& escarpées. Je ne vous dirai point combien de