Band 
Tome I.
Seite
312
JPEG-Download
 

zrr . Lettresqu’une montagne se fermât, à des temps réglés,comme une porte. On ne monte plus fur leGrimsel après la fin d’Août. Croyez que l’hommefait tout ce qu’il veut avec beaucoup d’opiniâ-treté. J’eji eus besoin ; je gravissois fur leGrimsel ■ : nul sentier , nulle trace ; la neigecouvroit tout. Les arbres, les ronces avoientpris de nouvelles configurations : ce n’étoientni des arbres ni des ronces ; vous enfilez ditune campagne enchantée : tout étoit perle ,bouquets, masses & formes bizarres. Les rayonsdu soleil métamorphosoient ces blocs de neigeen bluettes d’opale, en saphirs, en émeraudes.C’étoient des houppes bleuissantes, qui velou-toient les branches ; fur les ronces étoientjetées des gazes riches & épaisses , & des guir-landes émaillées suiyoient les contours desrameaux, courbés en arcs & en festons. Ce spec-tacle étoit nouveau pour moi. Mes fatigues,mes sueurs en gâtoient un peu la magie : unechèvre, élève & amie de mon pastoureau , sui-voit ; elle demandoit envain une pâture : elleconduisoit fouveyt mon Guide , que je suivoispas à pas ; car il étoit dangereux d’avancer,avant d’avoir fondé. J’étois brûlé de soif. La neigecongelée & remplie de sel , ne rendoit plusd’eau ; je cherchois fur quelques rocs , dont lacrête étoit dépouillée , des étamines de glace,