sur l a Suisse. 319
8c noirs , des mines chargées de cuivre & deplomb , de la poudre d’or , du cristal. Dans lesdébris que je foulois , les minéraux avoient laisséleurs empreintes. Je m’arrêtois à chaque pas , &j’admirois. Un cabinet de minéralogie coûteroitpeu à former.
J’étois toujours menacé par un chapeau pa-naché de montagnes, dans lesquelles le nuageentroit , se diaproit , & étoit assujetti. LeS-chreckhorsn , fi haut, & dont le tapis de neigeadoucissait un peu Thorreur, s’élançoit en géantfur le Grimfel, & fa chaîne étoit coupée parle Vetterhorn & le Brunig. Ici la Nature sem-ble repousser l’homme, & l’homme audacieuxose la dompter, la brider , avancer un piedhardi sur son front hérissé, & jeter sur sesgouffres , des ponts mobiles & légers. Un cor-don de pierres mouvantes est souvent l’étroitsentier sur lequel il marche. Là j’ai passé un pont,cent fois plus hardi que le pont du Diable , &moins célèbre.
Pourquoi les Hallisans n’ouvrent-ils pas deschemins ? Cest que le roc s’y refuse ; c’est qu’ilsseroient coûteux & peu utiles , parce que cesmontagnes ne font fréquentées que par quel-ques Voyageurs curieux & des Paysans. II n’ya ni arbres, ni terrein cultivé : les bourgades fontéloignées; elles font à trois' lieues de distance