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d’obscures prisons , elle est condamnée anxtravaux publics. Les femmes, attelées à unecharrette, nétoyent les rues, les places , &voiturent des fardeaux. II y a une gradationdans ce châtiment. On ne met, soit hommeou femme , au derrière de la voiture , queceux que le Bourreau a touchés, ou par le fouetou par la marque. Les hommes travaillent à laconstruction des chemins. J’ai vu leur travail,& j’ai applaudi aux Magistrats. Ce font des ou-vrages, non pas, comme on le dit fort impropre-ment , des Romains , car ils n’ont jamais sufaire une voie large, ni une route ailleurs quefur des élévations; mais un des plus beaux che-mins qu’on connoisse, & celafans frais & prompte-ment. Cet esclavage est le seul que des nationséclairées puissent se permettre. Les prisons fontdes égouts où le coupable se corrompt encoreplus, & s’empuantit par le frottement, & parla compression de ses compagnons de peines &de vices.
Je reviens d’une course à Hindelbanck , àtrois lieues de Berne. Je ne fuis point admira-teur du Château; mais je le ferai un peu duTombeau de Jérôme d’Erlack, & davantage decelui de Madame Langhans , née DemoiselleVaber. Ce Mausolée représente [un Tombeauqui s’entr’ouvre , repoussé par les mains d’un