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Voltaire suivit cet exemple ; il appela desColons. Aux Laboureurs , il donnoit des fermesà bail, des avances & des instrumens aratoires»Aux Artisans , une maison moyennant un cens& un prêt en argent, II obtint du fisc, des adou-ciísemens considérables ; un abonnement avecles Fermes, rétablissement de la Poste, & ladistribution du tabac. Soixante ménages mon-tèrent à six cents ; des Horlogers s’y établirent -on y volt encore la Manufacture de Romilli.Tous les mois Voltaire bâtiffoit une maison &recevoit un Etranger. Tandis que des Journa-listes soupçonnoient son cœur , il leur donnoitpar ses bienfaits un terrible démenti ; c’étoientde ces bienfaits obscurs , dont la vanité n’a pasmême la faculté de se targuer, & dont une amesupérieure est seule capable. Cette main , oc-cupée à suivre une correspondance multipliéeavec des Souverains , des Ministres & des Sa-vans, dressoir des placets pour des Paysans. Sarenommée lui attiroit des visites nombreuses;on n’étoit point un Homme de qualité, belesprit & connoisseur, si on n’avoit fait au moinsune fois le voyage de Ferney, pour y voirun Vieillard , très-peu jaloux des caillettes ti-trées , qui .clos dans fa chambre à coucher,paffoit dans fa Bibliothèque, & par une trapedans fa salle des Bains. On avoit fait souvent
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